Perso, j'aime quand mes livres vivent, donc je n'hésite pas à les griffonner, souligner, trimbaler partout à leurs risques et périls. Il m'arrive même de lire dans mon bain (merci papa de me donner tes chouettes habitudes). J'aime laisser des traces de mon passage et j'aime retrouver ces traces. J'ai relu Les Misérables sur ma vieille édition de seconde, dans laquelle j'ai fait mes premières explications de textes, et ça m'a émue au plus au point. BREF, tout ça pour dire que je préfère que les bouquins soient à moi plutôt que de les emprunter dans une bibliothèque, ce qui me frustre considérablement. Mon petit Fred, qui a hérité de mon SEDES sur hygiène et santé, doit bien voir combien les livres, après être tombés entre mes mains, passent du blanc au jaune fluo. Ceci-dit je me calme et je passe maintenant au crayon à papier, dans le but très prosaïque de pouvoir revendre mes livres. Je ne brutalise plus que les livres chers à mon coeur qui resteront avec moi jusqu'à mon ultime déménagement (ceci est une part de mon testament : je veux être enterrée avec mes livres).
Il y a un certain nombre de choses à déterminer pour savoir vers quel type de fiche vous voulez tendre : la fiche de lecture ( = retenir les simples grands axes d'un chapitre, type de fiche retenue par tous les bouquins de synthèse pour le bac par exemple), la mini-fiche ( = plan succinct, minimum syndical, solution d'extrême urgence quand on a rien d'autre et qu'il FAUT savoir quelque chose. Perso, ça a été ma fiche Cône Sud), la fiche normale ( = plus que les grands axes, quelques exemples développés. Ma fiche sur le SEDES en fait partie et c'est ce que j'essaye de faire pour Pavel), la super fiche (elle excède 16 p, s'apparente plus à un cours, et sauf dans des moments de panique ou de grande inspiration, vous ne la relirez jamais).
Cette petite typologie me permet de mettre une autre idée en avant : la fiche doit être un minimum courte. C'est souvent dur, mais c'est l'intérêt : vous ne relirez pas une fiche trop longue pour cause évidente de flemme. Alors, vous me direz : "bin oui, mais un livre de 600p de théorie, je vais pas le réduire à 5p de notes !" Et bien non. Mais la ruse ne se situe pas de ce côté là : c'est dans votre traitement de texte qu'il faut agir... (suspense de ouf, non ?). Pour tromper ma flemme, 1) je tape mes fiches : elles prennent moins de place et elle sont toutes belles (vous ne relirez pas une fiche dégueulasse, vous la brûlerez. Si si, même du Genette !) 2) Je sépare le plan (Pavel compte 4 parties, ça fera 4 fiches) pour me faire des fiches plus facilement relisibles (hm. Oui oui, je suis en khâgne lettre et j'invente des mots). 3) Et c'est là qu'intervient l'astuce de fou : je réduis les marges de mon traitement de texte à 1 cm de tous les côtés : plus d'espace, des feuilles plus grandes = moins de gaspillage + moins de fiches !
"Mais, Sarah, comment fais-je pour m'y mettre vraiment ? J'veux dire, comment on fait une fiche ?"
Oui, tu as raison jeune padawan, entrons dans le vif du sujet : faire une fiche, oui, mais comment ? Déjà, on suit le plan du bouquin ; les livres de critique ont beau être souvent pénibles, ils ne poussent pas le sadisme à ne pas en faire. Si les chapitres ne sont pas trop long, on commence par le lire en soulignant (ou pas, mais donc moi si) les passages importants, et on relis le chapitre en diagonale en revoyant les passages soulignés. Ca permet de voir la progression des idées et donc de faire un tri plus sélectif dans ce qui est vraiment important ou pas. Si les chapitres sont longs (au hasard, Pavel), vous pouvez faire des tranches de cinq ou dix pages selon votre endurance perso et la difficulté du bouquin.
"Bin oui, mais ce chapitre est chiant, j'ai la flemme"
Une des difficultés majeure, je trouve. Comme Justine a par exemple pu le voir dans la fiche sur la poésie que j'ai envoyé l'an dernier, j'ai tendance à laisser de côté les passages qui sont trop obscurs pour moi en me disant qu'on verra plus tard. En fait, on ne revoit pas plus tard. Jamais. Enfin pas moi. L'idéal, c'est d'avoir un binôme qui fiche le même bouquin, à qui on peut se référer au cas où "dis donc, je bug complètement sur le chapitre 12, t'as capté un truc ?" En vrai, ça arrive très peu dans la mesure où dans les groupes de fiches, l'intérêt est de ne pas ficher les mêmes bouquins pour pouvoir s'échanger les fiches, héhé. Du coup, le seul conseil efficace que je peut donner, c'est de se forcer à avancer quand même. Ou de se trouver quelqu'un pour ficher LE chapitre chiant pour vous, mais franchement, faut pas trop trop y compter.
"Ouais, super ! Je suis trop motivé pour ficher 200p de Compagnon d'un coup haha !"
Du calme jeune padawan, du calme ! La motivation, c'est bien, mais il faut faire attention au dégoût. Une indigestion de théorie est vite attrapée, et souvent rien que la vue du livre donne la nausée suite à ça. Le livre finit dans un coin poussiéreux des étagères IKEA et adieu la fiche. Mieux vaut être raisonnable et de se donner des objectifs abordables (genre 20 p par jour sauf le week end, et c'est pas grave si à un moment je le fais pas parce que j'ai 3 khôlles et 2 DS en cours) plutôt que se lancer des défis impossibles qu'on tiendra un jour et demi (c'est un peu l'histoire des régimes ou des résolutions de nouvelle année, tu vois ?)
| En trois ans de fiches, je ne sais toujours pas souligner droit, mais je griffonne toujours pleins de trucs. |
Pour terminer, je dirais que les fiches, c'est mieux quand c'est en groupe : chacun sa spécialité, chacun son approche et sa façon de voir le sujet. Et puis ça permet de ne pas mourir écrasé sous le poids de 12 bouquins de théorie à boucler en 3 semaines.
Voilà, j'espère que ça aura répondu à vos attentes, si il y a des points que j'ai oublié dites-le moi et je compléterai. Et puis s'il y a d'autres trucs sur lesquels vous aimeriez que je fasse des articles, pareil, faites-le moi savoir et je ferai mon maximum :)
| Outils de travail : un livre (oui oui, j'ai trouvé ça toute seule), des post-it, un crayon. Et un ordi ou une feuille pour noter, natürlich. |
Et puis bon, comme j'ai interrompu Pavel pour faire cet article, je vais retourner au chapitre qui me saoule sur la nouvelle et le récit élégiaque (tant il est vrai que je suis mes propres conseils).