On est lundi matin, j'ai ouvert mon traitement de texte. Et internet. Chateaubriand, Les Mémoires d'Outre-tombe, "Lucile". Ca me rappelle mon duel d'hypokhâgne sur le choc des égos : Stendhal contre Chateaubriand. Je regarde ce texte avec un peu de lassitude : j'ai encore trouvé une interprétation chouette à ce texte. Une interprétation peu classique, que ne comprendra pas ma prof de litté et qu'elle n'acceptera donc pas. Comme pour Voyage au bout de la nuit où elle a réfuté mon analyse sur la vision misanthrope du monde selon Bardamu qui n'était pourtant pas du tout tirée par les cheveux, et à peu près évidente (comment on peut lire le Voyage sans voir Bardamu comme misanthrope ?). Pour elle, il n'est que paranoïaque. Bref, j'arrête là la parenthèse d'incompréhension sur les compétences de ma prof de lettres, et je me reconcentre sur Chateaubriand.
Mon texte est souligné, j'ai mis pleins de couleurs. En fait, mon cours de litté devient un cours de coloriage. J'ai brossé un plan maladroit-pas top, avec quelques idées cohérentes. C'est le premier commentaire de l'année que je ne sens pas trop ; les autres j'avais quand même sorti des analyses potables. Là c'est pas mal non plus, mais j'ai l'impression de louper quelque chose. Et j'arrive pas à m'y mettre vraiment. Pas envie de commencer, même pas envie de le finir. J'ai envie d'être tout de suite aux concours blancs, histoire de passer à autre chose. A partir de janvier, tout va très très très vite, et je n'ai qu'une envie : que cette année s'achève pour passer à autre chose. Le master, la fac, la vie. Cette année m'est utile, mais c'est l'année de trop ; l'averse qui fait déborder la Seine.
Si on fait un point sur mon travail des vacances, c'est un peu pitoyable. J'ai deux autres commentaires à faire, dont je n'ai pas les références et que personne ne me donne, pas même les profs. Je me trouve coincée à ne pas pouvoir faire mon travail tout en sachant que ça ne va pas être une excuse valable à la rentrée. J'avais prévu de ficher mes cours de géo, de lire les articles, de faire des croquis et surtout d'apprendre mon cours d'histoire. Hahahahahahahahaha. J'ai rien fait. Je voulais aussi relire les
Contes Cruels, mais je n'accroche plus. Je perds le goût de lire en ce moment, ça me fiche un coup. Le seul devoir qui me plait un peu, en fait, ce sont mes dissertes de littérature. Alors bien sûr, les sujets sont globalement chiants et tournent tous autour de la même chose (la langue) (Diable, ce que les sujets de disserte de mon prof de litté d'HK me manquent !), mais ça reste des dissertes, donc ça me plait.
Ce que j'ai vraiment envie de faire, c'est me balader, lire n'importe quoi, faire du piano et du chant, et mettre de côté la prépa. J'aurais aimé pouvoir faire cette année à la carte, choisir mes cours et j'aurais sans doute été mieux préparée au concours que je ne le suis maintenant. J'ai envie d'autre chose, je me projette déjà dans le CAPES et l'AGREG'.
Tiens, et si je commençais ce commentaire par "De tout temps les hommes ont aimé la littérature" ?