Gérer mon dernier concours blanc (le dernier de cette foutue prépa) pour rattraper un peu celui-là ;
Arrêter de me surmener, histoire d'être en forme pour le concours ;
Prendre du temps pour moi ;
Me remettre à la natation dès que possible ;
Me prévoir un beau voyage pour fêter la fin de trois ans infernaux ;
Trouver un boulot pour cet été ;
Vaincre la paperasse sur envahissante des dossiers de transfer pour changer de fac ;
Me remettre (sérieusement) au chant, et me mettre (tout court, et sérieusement aussi) au piano ;
Trouver un groupe de théâtre.
Dans le carrément infaisable
Arrêter de critiquer ma prof de littérature ;
Avoir l'ENS ;
Ok, bon, AU MOINS être admissible ;
Obtenir la bourse d'excellence pour mon master (le choix se fait sur le classement en fac, et malgré ma mention très bien par équivalences, à priori je ne l'aurai pas).
Je suis devant mon ordi, avec une BD sur les genoux et un thé à portée de main alors qu'il est 20h
Je n'ai aucun traitement de texte ouvert
mon portable git dans un coin de mon sac, sans batterie
Manger ne m'inquiète pas, vu que je suis chez mon père et que ce n'est pas à moi de faire la tambouille
De toute façon, les heures de bouffe sont tellement aléatoires ici que ça se termine toujours avec une soupe devant une série à minuit, plantés sur le canap'
j'ai enfin le temps de mettre ma crème anti-bouton de fièvre (merci l'état de faiblesse critique) cinq fois par jour, comme la posologie l'indique.
Je termine les livres que j'avais entamé il y a trois mois (enfin il y a un mois et demi, aux dernières vacances ^^)
Voilà, j'espère qu'elles sont aussi salvatrices pour vous que pour moi :)
Ce matin, quand mon réveil à sonné à 6h30, j'ai bien été obligée d'admettre que les concours blanc étaient une réalité qu'il fallait que j'arrête de nier. C'est d'un pas absolument pas convaincu que je suis allée à ma première épreuve. Bref, voici donc le récit de mon premier concours blanc de khûbe. Oh. Et j'ai décidé de le faire façon Marieke, avec les heures, au moins pour la première épreuve, parce que ça s'est vraiment passé comme ça dans ma tête. Enjoy.
LITTERATURE 8h : la prof est pas arrivée, elle est peut être absente ? *espoir fou, visions fantasmées d'un lit* 8h20 : Damn, elle est là. Et encore avec un sujet pourri qui fait 20 lignes. "En tant que modèle de ce monde, fondé sur la relativité et l'ambiguïté des choses humaines, le roman est incompatible avec l'univers totalitaire. Cette incompatibilité (...) est non seulement politique ou morale, mais ontologique. Cela veut dire : le monde est basé sur une seule Vérité et le monde ambigu et relatif du roman sont pétris chacun d'une matière totalement différente. La Vérité totalitaire exclut la relativité, le doute, l'interrogation, et elle ne peut donc jamais se concilier avec ce que j'appellerais l'esprit du roman." Milan Kundera, L'art du roman, 1986. Pfffffffff. 8h32 : Ok, j'ai lu le truc cinq fois, et j'entrave que dalle. Mon cerveau a du rester sous la couette ce matin. Veinard ! 8h33 : Et si je me cassais ? 9h12 : Booon. J'ai analysé le sujet, trouvé un enjeu du débat et une vague problématique. Le tout très médiocre et pas convainquant une seconde, of course. 10h : Récréation. Des troupeaux de lycéens bêlent dans les couloirs et sous nos fenêtres en écoutant du Rébecca Black. D'un coup, je suis pour l'euthanasie. La peine de mort. Le génocide. 10h15 : J'ai un plan (nul), je rédige mon intro (naze) et je me lance (ça va être pitoyable). 11h : Merde. J'ai zappé la transition. 12h30 : Pas envie de rédiger ma 3e partie. Vraiment pas, non merci. Une prochaine fois peut-être. Ou alors, plus jamais de 3e partie. Je ferai ça quand je serai à la fac. Oui, bon. On a les fantasmes qu'on peut. 12h33 : Je récite tous les poèmes que je connais par coeur, pour me motiver à écrire ma 3e partie. Ca ne marche pas. 12h35 : Je vais au toilettes pour me reconcentrer. Ca ne marche pas. 12h40 : Je commence à écrire ce post de bolg sur mon brouillon. Maintenant, j'ai mal à la main. Et ma 3e partie attend toujours. Elle et sa conclu, que je compte bien bâcler avant d'aller dormir. Et manger. Et finir Sherlock. Et absolument pas réviser pour l'épreuve de demain. D'ailleurs, je passe quoi demain ? 12h43 : J'ai commencé ma 3e partie. 13h : J'm'ennuiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie ! 13h15 : Oh ! Je parle des Misérables ! 13h17 : J'm'ennuiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie ! 13h30 : Pfiou, j'ai cru que je finirai jamais. Vite, une conclu bâclée et au lit. 13h44 : Merde. La prof de géo vient d'entrer pour taper la papote avec la prof de litté. J'vais pas me ridiculiser et rendre une merde devant ma prof de géo... 13h47 : Rha, mais elle reste bien trois plombes en plus ! 13h52 : Ouuuf, partie. Allez, zou, j'y vais !
LITTERATURE SPE
Attention, cette épreuve va être beaucoup moins drôle.
J'étais déjà pas bien ce matin, donc préparée mentalement à rater mon épreuve. Mais j'y suis allée. Baudelaire, Spleen LXXVIII. Les Fleurs du Mal. J'ai essayé. J'ai envisagé pleins de solutions. Genre rédiger un truc minable sans plan avant de m'enfuir, essayer de rendre quelque chose, même en deux parties. Au bout d'une heure, j'avais rien. Pas une idée, pas une analyse, à peine une ébauche de piste. Mon corps a gagné ; il a commencé à dérailler. Vertiges, frissons, toute la panoplie. Tout ce que j'essayais de maîtriser depuis le matin. Alors j'ai lâché. J'ai rendu copie blanche. Le prof d'histoire m'a demandée si j'étais sûre. Moi, j'étais déjà pas très sûre de tenir debout. Je suis rentrée. Là, après une pause, une petite sieste, je suis en train d'essayer de re faire le commentaire. La prof principale m'avait dit que vu mon état physique, j'avais le droit de ne pas venir, à condition que je rattrape pendant les vacances. Je vais essayer de lui rendre, j'espère qu'elle n'aura pas changé d'avis. Heureusement, j'ai le week end pour me retaper.
Ce qui va être drôle, c'est l'aprem que je dois passer à la boutique aujourd'hui. Hahaha. Debout pendant 4h. Hahaha.
A lundi !
PHILOSOPHIE 8h : le nouveau prof est là. L'autre s'étant fait la malle il y a une semaine, c'est un peu la panique. En gros "blabla mon mail blablabla Kant blablabla vous allez avoir de vrai cours blabla". Bref. Le sujet tombe. La métaphysique est-elle une science ? Glups. Hyper bateau. Et infaisable sans cours ni référence. Je vous ai dit que je n'ai même pas eu un cours digne de ce nom sur la métaphysique depuis le début de l'année ? 8h12 : j'adresse une courte prière de remerciement à maître wikipédia, ainsi qu'à mon cher bon sens qui m'a suggéré de lire les pages "ontologie" et "métaphysique" de l'encyclopédie sus-nommée, à 22h30, dans l'espoir insensé d'apprendre un truc ou deux. 9h12 : le prof se lève, regarde les brouillons derrière le dos des élève (je déteste ça), passe à mon niveau, fixe le mien... Avant de s'en emparer sauvagement et de le lire tranquilou devant moi, qui suis absolument atterrée. Stupeur générale : merde alors, il lit nos brouillons ! Il me le rends, je deviens toute rouge, et puis je continue. 9h40 : J'ai fini mon brouillon et j'ai la flemme de rédiger. Je commence cette chronique, en flippant un peu qu'il s'amuse à me refaire le coup du brouillon. Ah. Je viens de me rappeler que demain, j'ai géo. Evidemment, je n'ai strictement rien glandé. Merde. 9h42 : Je ne trouve pas d'accroche, ça me saouuuuule. "De tous temps les hommes ont aimés la philosophie (les petits veinards)", "il était une fois, un pays merveilleux où les gens comprenaient des mots tels que 'métaphysique', 'science' ou encore 'ontologie', qu'ils étaient parfaitement capables de définir dans la joie..." 10h45 : J'essaye de commencer la 3e sous partie de mon I. J'trouve pas de mot de liaison logique. J'ai réussi à ressortir le programme d'histoire de l'an dernier grâce à Auguste Comte. Merci mon vieux. Aussi bizarre que ça puisse paraître, je ne m'ennuie pas. Le prof, lui, tourne en rond. 11h05 : Partie II. Allez, courage ! 11h20 : Tiens, il s'appelle comment Descartes, déjà ? Jean ? Josef ? Wilfried ? Gaston ? Raoul ? 11h45: Fin du II. Pause gouter. 12h15 : Merde, je vais commencer mon III 3), comment ça se fait qu'il soit aussi tôt ? Comment je fais pour avoir toujours fini avant la fin et ne pas me tapper des notes pourries ? Ca n'a aucun sens. 12h20 : Titu titutitutituti titu titutitutitutu. J'ai Stig dans la tête. Ou comment réutiliser les Têtes Raides dans une copie de philo.
Oui, j'ai cité ce texte.
12h21 : Le prof de philo a vraiment l'air de se faire chier. Il regarde ses copies à corriger avec désespoir. Attends de lire les notres mon gars ; tu vas rigoler. Enfin, ma copie ne devrait pas te prendre trop de temps, remarque. Surtout que t'as déjà lu mon brouillon haha. 12h45 : J'attaque ma conclusion. J'avais un peu oublié qu'on pouvait ne pas s'ennuyer en dissertation. Je me suis vraiment moins fait chier qu'en litté (le premier qui dit "C'est pas dur !" aura tout à fait raison). J'avoue que le sujet m'a fait reprendre espoir en les révisions de dernière seconde. Allez, conclu ! 12h57 : J.F aimable, bien sous tous rapports, cherche désespérément une ouverture. 12h59 : Allez, j'me fais un petit kiff : je relis ma copie.
GEOGRAPHIE 8h : "Bon, j'ai préparé une nouvelle série d'articles que vous aurez à ficher pour la rentrée" ou comment dire à des élèves "même si vous sortez vivants de cette épreuve, je pourrirai vos vacances". 8h20 : incohérence totale : le sujet est facile ! Traverser la frontière. 9h40 : Hahahaha. J'ai ouvert ma disserte avec Persepolis. Niark niark niark. 10h05 : Partie I en cours. J'espère qu'elle va kiffer mon intro parce que j'y ai mis toute mon âme 10h55 : Partie I finie, partie II amorcée... Je suis tellement motivée que j'ai presque envie de faire la carte (note de l'auteur : une carte est quasiment infaisable avec un sujet aussi vaste que les frontières) 11h : ma transition fait un peu C'est pas sorcier : "Dis donc Jamie, comment ça se fait qu'on ait l'impression de passer facilement les frontières, alors qu'en fait les fonctions de ruptures sont réaffirmées ? " "Mais Fred, c'est tout simple : ça tient en un phénomène tout simple : la mon-dia-li-sa-tion" 11h20 : Mon II C) me gave. Pas envie. J'le sauterait bien. Mon II fait déjà deux pages. Je vais encore finir tôt et être mal vue par ma classe studieuse alors que pour UNE fois, je rends une copie stylée. 11h45 : Début du III. Envie de partir. 12h : En fait ça me saoule. Je préfère colorier mon fond de carte. De toute façon, j'vais pas la faire. 12h10 : Hé ! Si je faisais la carte ? 12h15 : Non, sérieux, ma typologie ferait une carte pas mal... 12h16 : Oh et puis non, la flemme. Allez, je rédige mon dernier paragraphe, pour la peine. 12h25 : les conclu, c'est pour les faibles. Moi, j'ai pas trop envie de la faire. Je vais plutôt faire la carte. 12h26 : Bon, je ne rendrai peut être pas cette carte, mais c'est rigolo le coloriage. 12h28 : Allez, je fais une légende toute propre au cas où je décide de rendre la carte 12h30 : Je rédige la conclu, parce que elle, c'est sûr que je vais devoir la rendre... 12h31 : Telle une rebelle, je file manger chez moi, après avoir rendu ma copie ET probablement la seule carte que je ferai de l'année.
Et maintenant, un jour tranquille. Devinez qui va bosser de 15h à 19h cet aprem ? :D
HISTOIRE
Bon, alors impossible de me lever sans vertiges incessants. Donc pas d'épreuve pour moi, mais le sujet avait l'air intéressant : les civils et la guerre. Voila voila, j'espère vraiment être plus en forme demain, mais j'y crois assez peu vu mon état actuel.
ANGLAIS
Bon, vu le retard de ce post, vous vous doutez bien que je n'ai pas fait ce CB. Fiévreuse toute la nuit, j'ai valorisé le repos.
Et après ... ?
On est dimanche 23, hier j'ai bouclé mon dernier jour de vente et j'ai fini mon mi-temps. J'ai survécu. Fuck yeah. Aujourd'hui on fait Noël ; je crois que ma chambre n'a jamais été aussi clean depuis mon entrée en prépa. Demain, à la première heure, je serai dans un train pour Villepreux, avec la joie au coeur : je me tappe un splendide rendez-vous de médecin le 24 décembre. YOU-PI. J'ai fini presque toutes mes taches pour la grosse teuf familiale de ce soir, je vais donc avoir la joie de passer mon aprem à avancer mon Ian Hacking et mon recueil de nouvelles.
Donnez moi de vos nouvelles, ça me manque. Je vous souhaite de superbes vacances, de belles fêtes, bref, tout le bordel, quoi.
P.S : Nicolas, tu peux continuer à me mailer tes cours de philo tapés stp ? La fiche sur métaphysique et science m'intéresse bien, par exemple :) Merciii (si t'as besoin de fiches tu m'dis, hein).
En ce moment, je joue ma vie, ma santé, un peu tout
à pile ou face.
Mon corps tente régulièrement de m'assassiner ; je tombe dans les pommes tous les trois jours. Je fais des examens. Personne ne comprends vraiment. On essaye de me mettre sous anti-dépresseurs.
Moi, je veux garder mon cerveau.
Les concours blancs commencent jeudi, certains profs m'ont dit de ne pas venir, mais bon, si j'y vais pas il faut que je les rattrape pendant les vacances. Donc j'y vais, mais ça n'aura jamais autant été du tourisme.
Mon prof de philo a démissionné à cause de problèmes de santé ; il n'y a pas que moi qui tombe.
Le mi-temps que j'ai à côté de la prépa pour la période de Noël m'aide à vivre. Il est ma raison de me lever le matin et de sourire pour la journée à venir. J'aime ça. Peut être que quand j'aurai raté le concours, je deviendrai vendeuse plutôt qu'enseignant chercheur.
Je suis un peu dans le flou, mais un flou apaisant. Ce message a peut être l'air un poil alarmant, mais je ne vais pas si mal. Mon esprit s'en sort, c'est le corps qui pêche. Les deux s'en remettront, je ne m'en fais pas trop. Les vacances vont faire du bien.
Je commence une overdose de commentaire. Ca me fatigue ; je n'ai plus envie. J'ai eu 7 à Ponge. J'ai majoré. Après-demain, épreuve de spé lettres sur Baudelaire. Je suis fatiguée de ce rythme infernal et contre-productif. Mais il ne reste que deux mois.
Bien sûr, je n'ai rien révisé : entre être intelligent et vivre, il faut choisir. Improvisation, surtout en philo vu que je n'ai pas de cours, et pas le courage de synthétiser correctement ce qu'on m'envoie.
A côté, il y a Noël. Pour la première fois depuis des années, cette fête m'enchante. J'ai sans doute besoin d'une dose de paillettes pour recroire un peu en mes capacités. Je crois que je vais me faire un beau cadeau pour Noël. Je ne sais pas encore quoi, mais j'ai envie de me récompenser d'avoir tenu jusque là. J'ai l'impression de le mériter.
Je suis actuellement super bonasse. Je ne pense pas avoir déjà été aussi bien maquillée dans ma vie, j'ai trouvé LA tenue à la fois jolie et chaude. Je suis resplendissante. Quel dommage que tout ce beau travail soit absolument ruiné par les larmes d'ici quelques heures. On pourra me dire que c'est un peu con d'avoir fait quelque chose de si travaillé alors que je sais que je vais pleurer ; c'est vrai. Pour le coup, j'ai pas fait exprès. Je voulais tenter un maquillage fluide et un peu marqué, histoire que mes traits se démarquent un peu dans la salle de concert. Et puis ça a donné ça. Je ne sais pas si mon subconscient veut séduire, mais il m'emmerde. En rentrant, je ressemblerai à un gros panda dégueulasse, rougâtre, boursouflé, et plein de traces noires. Et dire que ce concert devait être une réjouissance...
Dans mes jolies chaussures, devant le miroir, je regarde. Je suis jolie. Quelle ironie que je réussisse à me trouver jolie un soir pareil. J'ai l'impression d'aller à un enterrement. Il va encore me blesser. J'ai l'impression d'avoir avalé une enclume, alors qu'en vrai, j'ai rien pu ingurgiter depuis hier soir.
Etre simplement heureuse me manque vraiment.
Je veux dire, pas simplement être en ataraxie (ce qui serait déjà pas mal remarque), mais contente. Me lever le matin en me disant que la journée va être belle. Tout ça me fatigue un peu.