Je continue à travailler. Ce sont les vacances, je suis à Coventry, et moi j'apprends mon voca de grec (il m'obsède), je lis les Oraisons Funèbres et je nage en plein regret.
Je me pose pas mal de questions sur la prépa. Ca fait une semaine que je rencontre des gens qui sont en fac et me prennent pour une folle. "Je suis sur que vous pourriez avoir les mêmes résultats en travaillant autrement, moins dur peut être." ou "Ouais, moi les anciens khâgnes de ma licence ne s'adaptent pas du tout".
A quoi ça rime finalement? Juste à éviter une première année d'écrémage en fac? Pourquoi on bosse autant pour être au finalement totalement paumés?
Je ne remets pas en question mon orientation, je suis heureuse d'être en prépa, enfin je pense. Je crois que j'ai vraiment fait le bon choix. Mais pourquoi j'ai l'impression que ça ne me valorise pas du tout? Les autres me disent qu'ils sortent tout le temps, ont des habitudes de vie qui ne sont profondément pas les miennes. Je ne me sens pas étudiante. Je ne pourrai pas sortir tout le temps. Je n'aurai d'ailleurs pas les moyens je pense. Je n'ai jamais été vraiment fêtarde même si de temps en temps c'est cool. Moi, je voyais les études comme une période où on pouvait concilier le travail enfin intéressant et les loisirs. Or, j'ai l'impression que c'est l'orgie ou l'ascèse. Je ne suis faite ni pour l'un ni pour l'autre. Je ne peux pas me coucher à 2h tous les matins pour finir une disserte ou lire des bouquins. Je ne peux pas non plus rentrer torchée à 5h ces mêmes matins. Est-ce que la vie d'adulte est nécessairement un choix entre le trop et le pas assez? Je voudrais du temps pour mes amis mais aussi le droit de passer mon aprem à la BU à bouquiner.
Tout cet article est un peu vain, je sais. J'essaye simplement de traduire quelque chose qui me ronge. Cette impression que tout s'effondre sous mes pieds. Je me raccorche à mes amies, celles qui sont constamment là pour moi. Je me sens comme Lorenzaccio dans la pièce de Musset. Je cherche une échappatoire dans quelque chose qui ne me contentera qu'un temps.
J'aime la prépa, vraiment. Ce n'est pas le vrai problème. La prépa ne l'est jamais (à mon sens). Ce qu'il y a autours devient juste très difficile à gérer.
21 févr. 2011
13 févr. 2011
Naturalisme pas mort. Stop.
A survécu à sa semaine de folie stop. Apprend à cuisiner des bento chez elle stop.
Pars en vacances demain stop. Sera en Angleterre dans une semaines stop.
N'écrira plus pendant 15 jours stop.
du courage à ceux des autres zones.
Sarah
11 févr. 2011
5 févr. 2011
"Nos désirs vont s'interférant et, dans la confusion de l'existence, il est rare qu'un bonheur vienne justement se poser sur le désir qui l'avait réclamé. " Proust
Doucement, tout doucement, je recommence à relativiser. Je suis épuisée mais plus calmement. Je ne pleure plus, je tente de résoudre ça autrement, tout en évitant de me jeter sur de la nourriture. Difficile mais pas insurmontable. La semaine prochaine va être une épreuve de chaque jour, je le sais. Mais c'est le jeu, il faut s'y faire.
Il y a quelque chose d'indéniable: je progresse. A ma colle litté, le prof m'a dit que j'arrivais à dialectiser, que c'était clair et sérieux. Il a ajouté "comme d'habitude". En histoire, pendant le DST de ce matin, j'ai senti quelque chose. Mes plans son plus sûrs, mes problématiques plus précises, mes mises en tensions moins hésitantes et difficiles à trouver. Je ne sais pas si ça va durer, ce n'est peut être qu'une chance passagère due à des sujets particulièrement faciles. Je ne sais pas. J'aimerai bien que ce soit ce fameux déclic dont on parle tant. J'ai peur de ne plus y arriver et de me rendre compte que ce n'était que passager. Du coup je me calme. Je ne sais pas ce que je ferai l'an prochain, ni avec qui j'habiterai, ni même où. Une khâgne, pourquoi pas? Je ne sais plus. C'est la question qu'on se pose tous en ce moment de toutes façons.
Cette période, entre décembre et février, était la dernière pour rattraper nos notes en vue d'une khâgne éventuelle. Alors j'ai bossé comme jamais, au cas où je déciderai finalement de faire une deuxième année. Ca passe tellement vite, pourquoi pas?
Enfin bref. Dans une semaine je pourrai m'écrouler en paix dans ma chambre d'adolescente, chez mes parents. C'est tout ce qui compte. C'est le but de ma vie actuelle: pouvoir, enfin, rentrer chez moi et là passer un long week end à dormir, lire et regarder des films. Il faut que j'arrive jusque là. Courage.
Il y a quelque chose d'indéniable: je progresse. A ma colle litté, le prof m'a dit que j'arrivais à dialectiser, que c'était clair et sérieux. Il a ajouté "comme d'habitude". En histoire, pendant le DST de ce matin, j'ai senti quelque chose. Mes plans son plus sûrs, mes problématiques plus précises, mes mises en tensions moins hésitantes et difficiles à trouver. Je ne sais pas si ça va durer, ce n'est peut être qu'une chance passagère due à des sujets particulièrement faciles. Je ne sais pas. J'aimerai bien que ce soit ce fameux déclic dont on parle tant. J'ai peur de ne plus y arriver et de me rendre compte que ce n'était que passager. Du coup je me calme. Je ne sais pas ce que je ferai l'an prochain, ni avec qui j'habiterai, ni même où. Une khâgne, pourquoi pas? Je ne sais plus. C'est la question qu'on se pose tous en ce moment de toutes façons.
Cette période, entre décembre et février, était la dernière pour rattraper nos notes en vue d'une khâgne éventuelle. Alors j'ai bossé comme jamais, au cas où je déciderai finalement de faire une deuxième année. Ca passe tellement vite, pourquoi pas?
Enfin bref. Dans une semaine je pourrai m'écrouler en paix dans ma chambre d'adolescente, chez mes parents. C'est tout ce qui compte. C'est le but de ma vie actuelle: pouvoir, enfin, rentrer chez moi et là passer un long week end à dormir, lire et regarder des films. Il faut que j'arrive jusque là. Courage.
2 févr. 2011
"Je suis né trop tard dans un monde trop vieux" Alfred de Musset
Cette fois, c'est le vrai coup dur. Genre la prépa qui rend fou parce qu'il y a trop de travail et que 'non, je ne peux pas apprendre 70 mots de vocabulaire dans un alphabet inconnu alors que je bosse sur une colle et deux DM en même temps.' C'est au dessus de mes forces. Et surtout, pour la première fois, ma conscience se réveille pour me susurrer perfidement. "ce n'est que toi. Regarde autours de toi. Tes amis y arrivent, certains majorent. Si on veut on peut!".
Moi j'peux pas. J'peux plus. Roulée en boule sur mon matelas, dans le noir avec Apocalyptica beaucoup trop fort, en train de trembler nerveusement et je pleure toutes les larmes de mon corps. Et mon cerveau traumatisé m'engueule: "il reste tellement de choses à faire avant demain Sarah! Comment oses-tu perdre du temps à pleurer?" Et moi je reste là, à me dire que non, c'est pas possible, je peux plus. Il faut que je dorme, que je sorte, que je vois des gens qui m'aiment, qui me diront que je ne vaut pas rien parce que je n'arrive pas à analyser les jeunes couples en Loire Atlantique. C'est dans ces situations, quand je suis seule avec cette boule de nerf au creux des reins, que je regrette d'être une gentille fille sage. J'ai pas de clope ou de join à fumer pour faire semblant d'aller mieux. Personne à appeler pour dire "Je veux mourir, aide moi, s'il te plait". Alors je prends une douche, je cache mon visage rougis avec des masques, je parle le moins possible pour qu'on ne remarque pas que ma voix tremble.
J'ai envie de dire stop. De remplir mon sac de rando et de partir faire une longue marche au soleil. Encore et toujours la fuite comme unique solution.
Bravo Sarah.
Moi j'peux pas. J'peux plus. Roulée en boule sur mon matelas, dans le noir avec Apocalyptica beaucoup trop fort, en train de trembler nerveusement et je pleure toutes les larmes de mon corps. Et mon cerveau traumatisé m'engueule: "il reste tellement de choses à faire avant demain Sarah! Comment oses-tu perdre du temps à pleurer?" Et moi je reste là, à me dire que non, c'est pas possible, je peux plus. Il faut que je dorme, que je sorte, que je vois des gens qui m'aiment, qui me diront que je ne vaut pas rien parce que je n'arrive pas à analyser les jeunes couples en Loire Atlantique. C'est dans ces situations, quand je suis seule avec cette boule de nerf au creux des reins, que je regrette d'être une gentille fille sage. J'ai pas de clope ou de join à fumer pour faire semblant d'aller mieux. Personne à appeler pour dire "Je veux mourir, aide moi, s'il te plait". Alors je prends une douche, je cache mon visage rougis avec des masques, je parle le moins possible pour qu'on ne remarque pas que ma voix tremble.
J'ai envie de dire stop. De remplir mon sac de rando et de partir faire une longue marche au soleil. Encore et toujours la fuite comme unique solution.
Bravo Sarah.
1 févr. 2011
Si j'ai grandi sans foi
Si j'ai vécu sans loi
Si j'ai vécu sans loi
Si je garde l'espoir
De finir avec toi
Mon rêve un jour se clôt
Tous se terre, tous s'en va
On fait voeux d'abstinence
Ou se nourrit d'outrance
On vit dans le hasard
On prévoit tout d'avance
On est froid on est chaud
On a peur on confiance
On passe des années
À se chercher paumés
À se chercher paumés
On se sort du brouillard
On se voit entouré
On comprend le coeur gros
Que tous vas s'oublier
Je vis bizarrement. Au ralenti et à toute allure. Je passe mes journées à courir mais tout mon temps à attendre. Ces vacances n'arriveront jamais ou peut être trop vite, je ne sais plus vraiment. Ca fera bientôt un mois que je ne me pose plus de questions, que j'ai changé de méthode de vie. Cette année passe à une allure folle. Je regarde les heures qui s'écoulent doucement le lundi matin et me rends compte une seconde plus tard qu'on est vendredi soir. Moi qui ne perd la notion du temps qu'au fin fond des vacances d'été, je suis complètement paumée. Pour vous dire, j'ai même arrêté d'écrire les dates sur mes copies. "Comment ça FEVRIER? Vous vous foutez de ma gueule non? Tout le monde sait que c'est bientôt Noël!" Mon cerveau s'est arrêté fin décembre, je ne vois plus rien passer. Mes billets de trains m'indiquent que dans une semaine je serai partie et que dans deux je serai dans un avion. Ma raison est restée de l'autre côté de l'année, de l'autre côté de l'hiver.
Bonne nuit
Bonne nuit
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