30 mai 2012

Une trop bruyante solitude

Ce matin, je suis entourée de livres. D'un côté, Le Roman Comique de Scarron et Jacques le fataliste de Diderot, ouverts, qui me rappellent que je procrastine une fois de plus au lieu de faire une explication de texte. A côté d'eux, La Pensée du roman, boursouflé de post-it, et mon Gogol que je viens de terminer. 
En face, il y a les quelques livres que je me suis promis de lire "vite" (cet été, quoi) : un peu de psycho, un bouquin sur la créativité et deux-trois livres de cuisine. Les livres hors-du-monde, hors du mien pour l'instant. Cet été, j'ai aussi envie de relire Si beau si fragile, de me réinspirer de l'art rhétorique de Mendelsohn (et aussi parce que c'est très beau). Ce livre respire la délicatesse. 
De l'autre côté de mon canapé, il y a les nouveaux : le GF sur la métaphysique, qui m'effraie un peu, Le Paysan parvenu qui va m'accompagner un petit moment, Le Motif dans le tapis, Le magasin des suicides (pour le plaisir) et Une trop bruyante solitude de Hrabal.
Ce matin, je suis confrontée à une des questions essentielles :
Et maintenant, je lis quoi ?


Une des plus belles si vous voulez mon avis.
Ce matin, malgré une heure de cours, deux de p'tit boulot, (au moins) une autre de code et une explication de texte à faire, je me sens profondément en vacances.

28 mai 2012

"Dis moi, Ô grande khâgneuse, comment faire une fiche ?" "Assieds toi jeune padawan, ce n'est pas si compliqué"

Suite à quelques demandes, je vais faire un article sur la façon de faire des fiches, ou plutôt comment moi je m'en sors pour ficher 400 pages sans être frappée d'anévrisme.
Perso, j'aime quand mes livres vivent, donc je n'hésite pas à les griffonner, souligner, trimbaler partout à leurs risques et périls. Il m'arrive même de  lire dans mon bain (merci papa de me donner tes chouettes habitudes). J'aime laisser des traces de mon passage et j'aime retrouver ces traces. J'ai relu Les Misérables sur ma vieille édition de seconde, dans laquelle j'ai fait mes premières explications de textes, et ça m'a émue au plus au point. BREF, tout ça pour dire que je préfère que les bouquins soient à moi plutôt que de les emprunter dans une bibliothèque, ce qui me frustre considérablement. Mon petit Fred, qui a hérité de mon SEDES sur hygiène et santé, doit bien voir combien les livres, après être tombés entre mes mains, passent du blanc au jaune fluo. Ceci-dit je me calme et je passe maintenant au crayon à papier, dans le but très prosaïque de pouvoir revendre mes livres. Je ne brutalise plus que les livres chers à mon coeur qui resteront avec moi jusqu'à mon ultime déménagement (ceci est une part de mon testament : je veux être enterrée avec mes livres).
Ma première explication de texte (snif que de souvenirs).
 Bouquin dans un état lamentable parce que je le lisais sur la route du lycée (25 min de trajet aller) en le tordant dans tous les sens et en luttant contre les intempéries. Ce que j'aime ce livre !
Et donc, les fiches ('scuzez, je m'auto coupe la pensée).
Il y a un certain nombre de choses à déterminer pour savoir vers quel type de fiche vous voulez tendre : la fiche de lecture ( = retenir les simples grands axes d'un chapitre, type de fiche retenue par tous les bouquins de synthèse pour le bac par exemple), la mini-fiche ( = plan succinct, minimum syndical, solution d'extrême urgence quand on a rien d'autre et qu'il FAUT savoir quelque chose. Perso, ça a été ma fiche Cône Sud), la fiche normale ( = plus que les grands axes, quelques exemples développés. Ma fiche sur le SEDES en fait partie et c'est ce que j'essaye de faire pour Pavel), la super fiche (elle excède 16 p, s'apparente plus à un cours, et sauf dans des moments de panique ou de grande inspiration, vous ne la relirez jamais).

Cette petite typologie me permet de mettre une autre idée en avant : la fiche doit être un minimum courte. C'est souvent dur, mais c'est l'intérêt : vous ne relirez pas une fiche trop longue pour cause évidente de flemme. Alors, vous me direz : "bin oui, mais un livre de 600p de théorie, je vais pas le réduire à 5p de notes !" Et bien non. Mais la ruse ne se situe pas de ce côté là : c'est dans votre traitement de texte qu'il faut agir... (suspense de ouf, non ?). Pour tromper ma flemme,  1) je tape mes fiches : elles prennent moins de place et elle sont toutes belles (vous ne relirez pas une fiche dégueulasse, vous la brûlerez. Si si, même du Genette !)    2) Je sépare le plan (Pavel compte 4 parties, ça fera 4 fiches) pour me faire des fiches plus facilement relisibles (hm. Oui oui, je suis en khâgne lettre et j'invente des mots).   3) Et c'est là qu'intervient l'astuce de fou : je réduis les marges de mon traitement de texte à 1 cm de tous les côtés : plus d'espace, des feuilles plus grandes = moins de gaspillage + moins de fiches !

"Mais, Sarah, comment fais-je pour m'y mettre vraiment ? J'veux dire, comment on fait une fiche ?"
Oui, tu as raison jeune padawan, entrons dans le vif du sujet : faire une fiche, oui, mais comment ? Déjà, on suit le plan du bouquin ; les livres de critique ont beau être souvent pénibles, ils ne poussent pas le sadisme à ne pas en faire. Si les chapitres ne sont pas trop long, on commence par le lire en soulignant (ou pas, mais donc moi si) les passages importants, et on relis le chapitre en diagonale en revoyant les passages soulignés. Ca permet de voir la progression des idées et donc de faire un tri plus sélectif dans ce qui est vraiment important ou pas. Si les chapitres sont longs (au hasard, Pavel), vous pouvez faire des tranches de cinq ou dix pages selon votre endurance perso et la difficulté du bouquin.

"Bin oui, mais ce chapitre est chiant, j'ai la flemme"
Une des difficultés majeure, je trouve. Comme Justine a par exemple pu le voir dans la fiche sur la poésie que j'ai envoyé l'an dernier, j'ai tendance à laisser de côté les passages qui sont trop obscurs pour moi en me disant qu'on verra plus tard. En fait, on ne revoit pas plus tard. Jamais. Enfin pas moi. L'idéal, c'est d'avoir un binôme qui fiche le même bouquin, à qui on peut se référer au cas où "dis donc, je bug complètement sur le chapitre 12, t'as capté un truc ?" En vrai, ça arrive très peu dans la mesure où dans les groupes de fiches, l'intérêt est de ne pas ficher les mêmes bouquins pour pouvoir s'échanger les fiches, héhé. Du coup, le seul conseil efficace que je peut donner, c'est de se forcer à avancer quand même. Ou de se trouver quelqu'un pour ficher LE chapitre chiant pour vous, mais franchement, faut pas trop trop y compter.

"Ouais, super ! Je suis trop motivé pour ficher 200p de Compagnon d'un coup haha !"
Du calme jeune padawan, du calme ! La motivation, c'est bien, mais il faut faire attention au dégoût. Une indigestion de théorie est vite attrapée, et souvent rien que la vue du livre donne la nausée suite à ça. Le livre finit dans un coin poussiéreux des étagères IKEA et adieu la fiche. Mieux vaut être raisonnable et de se donner des objectifs abordables (genre 20 p par jour sauf le week end, et c'est pas grave si à un moment je le fais pas parce que j'ai 3 khôlles et 2 DS en cours) plutôt que se lancer des défis impossibles qu'on tiendra un jour et demi (c'est un peu l'histoire des régimes ou des résolutions de nouvelle année, tu vois ?)
En trois ans de fiches, je ne sais toujours pas souligner droit, mais je griffonne toujours pleins de trucs.

Pour terminer, je dirais que les fiches, c'est mieux quand c'est en groupe : chacun sa spécialité, chacun son approche et sa façon de voir le sujet. Et puis ça permet de ne pas mourir écrasé sous le poids de 12 bouquins de théorie à boucler en 3 semaines.

Voilà, j'espère que ça aura répondu à vos attentes, si il y a des points que j'ai oublié dites-le moi et je compléterai. Et puis s'il y a d'autres trucs sur lesquels vous aimeriez que je fasse des articles, pareil, faites-le moi savoir et je ferai mon maximum :)

Outils de travail : un livre (oui oui, j'ai trouvé ça toute seule),  des post-it, un crayon.
 Et un ordi ou une feuille pour noter, natürlich.

Et puis bon, comme j'ai interrompu Pavel pour faire cet article, je vais retourner au chapitre qui me saoule sur la nouvelle et le récit élégiaque (tant il est vrai que je suis mes propres conseils).

25 mai 2012

La joie des fiches

La Pensée du Roman de Thomas Pavel est un essai de 400 pages environ. Je le fiche pendant mes cours de lettres et quand j'ai le temps et la foi de m'y mettre (c'est génial mais complexe et long).
Hier, justement, j'avais la foi. J'ai fiché l'ensemble du chapitre 1 (environ 95 pages). Ce matin, j'ai décidé de m'y remettre.
Mon ordi a décidé d'ignorer mes multiples sauvegardes et d'effacer mes 5h de travail d'hier. J'avais fini le roman prémoderne à minuit, prête à enchaîner sur le picaresque ce matin. J'ai envie de pleurer tellement je suis frustrée.
Plus qu'à reficher 70p avant mon code blanc. You-pi.

Grmblbl.

Edit : 6 fautes accordée pour réussir le code blanc ; j'en ai fait 7. Une journée formidable, vraiment.

23 mai 2012

Fôlie dessinatoire

Parce que beaucoup de potes autour de moi dessinent bien (voire hyper trop bien), j'ai été prise d'une petite crise de fôlie (si vous vous souvenez, ça m'était déjà arrivé). Sans vouloir égaler la grande Camille, ni la subtile Soubi, j'ai fait une petite série de dessins sur la prépa (qui doivent bien s'adapter à la fac pour certains). Je vous mets le premier, si je n'ai pas trop honte, j'en ajouterai d'autres.
La procrastination
Ah oui, et comme je n'ai ni scanner, ni photoshop, le résultat est tout dégueu hahaha !

La suite, avec un léger remake des sept péchés capitaux :
Gourmandise

Luxure.
Envie.
Paresse.
(dans le bout de gauche qui marche pas, y avait marqué "films, séries")
Colère.
("On nous prend vraiment pour des cons")

Avarice
(et avant que ça hurle au scandale genre "c'est pas ça la prépa", c'est une situation que j'ai vécue,
comme quoi même dans une prépa "familiale" comme la mienne, c'est pas QUE un cliché)
(et sinon : non, je ne sais effectivement pas dessiner les garçons)



20 mai 2012

Et maintenant, un petit point.


En ce moment, je me bats un peu contre le monde.
 Une partie de ma famille pense donc que je suis une petite conne qui n'a pas les pieds sur terre parce qu'elle est trop dans ses livres. Qu'il faudrait que je bosse à Mcdo pour apprendre la vraie vie (le but de faire des études étant justement d'éviter de bosser dans des fast food, suis-je dans la "fausse vie" ?), que c'est l'expérience qui valorise et pas les diplômes ("ah, vous voulez être prof en fac et vous n'avez pas de doctorat... Ah ! Mais je vois que vous avez été caissière ! Ok, on vous prend") et que de toute façon on ne peut pas espérer avoir un job intéressant quand on fait des études. Bref, ils ne comprennent pas que je bosse 60h par semaine, que l'été avant la khâgne est un été de boulot et que je ne suis pas une glandeuse juste parce que je ne veux pas être caissière (en plus j'ai envoyé des CV, c'est même pas de la mauvaise volonté). Ils ne comprennent pas pourquoi je préfère faire une troisième année. Du coup je lâche prise, je dis "oui oui", et j'attends que ça passe.
Ca va être ça le travail le plus dur qui va m'occuper ces prochains mois (voire ces prochaines années) : apprendre à ne pas trop réagir quand quelqu'un me dit des grosses conneries. Sourire et me taire en attendant d'avoir un appart' et une vie où je puisse penser ce que je veux, mais surtout le dire. Le problème, c'est que j'ai passé une grande partie de mon lycée à ne rien dire et laisser couler, et du coup à me faire énormément de mal. Maintenant que j'ai réussi à m'en libérer, c'est difficile de revenir à "soit intelligente, mais tais-toi" ; il va falloir que je trouve une solution durable d'entre-deux.

Bref, à part ces petits désagréments familiaux, je vais bien. Je dévore les contes cruels de Villier de l'Isle-Adam, je fiche du Thomas Pavel et je commence diverses recherches sur le programme de l'an prochain. J'ai un poil peur de me prendre une grosse claque dans la figure aux résultats de l'ENS, style "Hé ! Meuf ! T'es même pas souza !". L'autre peur, c'est celle du coup de bol monumental : "Hé ! Meuf ! T'es admissible !" (AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH. A mon avis, dans l'ordre, je pleure, j'appelle la moitié de mon répertoire et je fais douze crises d'angoisse), mais ce serait vraiment vraiment ouf. Et si je suis pas souza je serais clairement très très très déçue. Après, c'est peut être méga prétentieux de dire ça, je sais pas... Les profs à qui j'ai parlé m'ont dit que mon approche du sujet était la bonne, donc j'ai un peu d'espoir.
Sinon, y a bien sûr le permis. Je continue le code, avec mon premier code blanc vendredi, et cet aprem je vais  me familiariser avec la voiture sur un parking vide. Mon été de pauvre servira donc probablement à rentabiliser mes heures de conduite.

17 mai 2012

Pour sauvegarder ma santé mentale, je pars 2-3 jours chez mon père. Certaines personnes dans mon entourage deviennent vraiment insupportables ; j'arrête les frais. Du coup, petite pause loin des sarkosystes qui me considèrent responsable de l'échec de la droite aux présidentielles, et des gens de ma famille qui me traitent de glandeuse détachée des réalités parce que je préfère passer mes vacances à bosser pour ma khûbe plutôt que de faire la plonge dans un resto ou caissière chez Shopi. 
Besoin de me retrouver au calme et de réfléchir deux minutes. Marre d'être constamment écartelée entre les gens qui me prennent pour une fille brillante future normalienne qui devrait passer sa vie à la BU et ceux qui préfèrent me voir comme une petite prétentieuse privilégiée déconnectée des réalités et masochiste qui fait des études trop dures qui ne mènent à rien. 

Au pire, je reviens lundi. 
Tchou.

14 mai 2012

ENS 2013 : I'm ready

Les nouveaux programmes, lus et commentés par mes soins  :

LITTÉRATURE FRANÇAISE
Axe 1 :  Le roman. Orgasme partagé avec Justine (et tant d'autres) je présume. Soulagement en ce qui concerne la poésie.
Axe 2 : L’oeuvre littéraire, ses propriétés, sa valeur ;  Littérature et politique. Que-ouah ? Bandes de glandeurs ! Ils ont repris les mêmes axes qu'en 2009 !
OEuvres : Molière, Dom Juan ; Marivaux, Le Paysan parvenu ; Lamartine, Méditations poétiques et Nouvelles méditations poétiques ;  Ahmadou Kourouma, Les Soleils des Indépendances. Ok. Devinez qui a fait son année d'hypo sur littérature et politique et qui ne comprenait rien, mais qui maintenant va tout comprendre ?  Kourouma est complètement inconnu au bataillon en ce qui me concerne. Et sinon, la poésie romantique, ça me gave. 


CINEMA
(J'en fais pas, mais ça m'a fait marrer qu'ils aient  "le cinéma soviétique dans les années 1920". Hahaha)


PHILOSOPHIE
La métaphysique. Oui, oui. Bon. On va en chier avec des définitions compliquées et du Hegel pour notre quatre heure mais soit.

HISTOIRE
Guerre, Etat, société en France de 1851 à 1945. (Stylé. On continue dans la socio, j'aime) En spé ils ont La guerre de Cent Ans (cool je trouve) et l'Atlantique que XVIII° s (bon vent les gars !)

GÉOGRAPHIE
 Frontières et espaces frontaliers dans le monde. Ou comment je vais me remettre à gérer en géo (oui, j'aime les allitérations). J'adore, et je sens que ma prof va nous le gérer. Cône sud, adieu et à jamais !


SPE LITTE (spéciale kass dédi à Ella ce soir)
Intitulé du programme : Cruautés ordinaires et extraordinaires.
Oeuvres : Nicolas Gogol, Nouvelles de Petersbourg et  Les Soirées du Hameau ET  Auguste Villiers de l’Isle-Adam, Contes cruels. Ok, alors là, je suis suuuuper heureuse d'étudier Gogol ! L'autre, je le connais pas, mais l'intitulé me plait et les oeuvres aussi hahaha. 


Bon, et vous ? Parce que là je suis super enthousiaste (sauf pour la litté où ma prof va me pourrir Molière et Marivaux), mais peut être ne l'êtes vous pas autant que moi ?

13 mai 2012

« C'est facile d'avoir vingt ans ! Voyez : je vais les avoir et j'ai rien fait pour ça. » Pagnol.

Vous ne trouvez pas complètement débile la règle tacite française de ne pas parler d'argent et de ne JAMAIS demander de l'argent à sa famille pour son anniversaire ? J'ai vingt ans dans un mois, je suis en pleine organisation de diverses fêtes pour célébrer ce jour incroyable où j'ai émergé après six mois de grossesse. Pour la fête entre potes, c'est cool : je compte à moitié improviser les histoires de bouffe à la dernière seconde et c'est un peu le seul truc à prévoir. Pour la famille, c'est un autre délire. C'est limite si je ne reçois pas des coups de fil tous les jours pour savoir si je préfère des fleurs jaune ou rose, qui on doit mettre à côté de qui à table, etc (non non, c'est bien un anniversaire et pas un mariage que je suis en train de subir d'organiser). Moi je voyais plus un truc simple genre "on se pose/on mange/on rigole", mais bon, on dirait que ça marche pas comme ça. Et il y a LA question : "Tu veux quoi pour ton anniversaire ?"
On en revient donc à ma première considération : dans ma famille, ils sont capables de m'acheter un truc hyper cher dont je n'ai pas besoin (genre un bijoux alors que je ne vais pas me trimbaler au lycée avec converses, jean Tati ET un collier de perles de culture), mais refusent de me filer un chèque, dont j'aurais vachement plus besoin. Car oui, grâce à mon cher permis, mon compte en banque est un genre de trou noir qui stagne depuis trois mois à 25€. Du coup, je vais passer l'été chez moi, en région parisienne, avec pour seule distraction mes heures de conduite (si j'ai mon code d'ici là). Mais bon, au moins j'aurai un collier que je pourrai resortir une fois tous les ans pour les fêtes de famille. Youhou.

Bon. Cette plainte fais un peu gosse de riche, mais c'est pas du tout l'idée, c'est même le contraire. Ma famille n'est pas particulièrement aisée, et je trouve d'autant plus bête qu'elle essaye de se ruiner à m'offrir un truc que je ne porterai jamais, alors que je préfèrerai qu'ils se cotisent pour que je puisse partir en vacances. Même pas loin. Tout ça pour des conventions bêtes à pleurer. Avec le permis, j'ai même pas les moyens de me payer un aller-retour en Bretagne (enfin si, mais je mange pas au retour quoi).

9 mai 2012

Amusons nous un peu à quelques jours des nouveaux programmes

Un petit post interactif, plutôt pour les futurs khâgneux (je doute que ça intéresse qui que ce soit d'autre, à vrai dire) : quelles sont vos estimations pour les nouveaux programmes ?
En ce qui me concerne :

Litté : Comme je l'ai dit, j'aimerais bien le roman, mais il me semble que c'et vraiment tombé il y a peu de temps, donc c'est assez peu probable. Normalement il y a un objet d'étude qui change (la poésie, OUF), et si c'est pas le roman, ce serait hyper cool que ce soit le théâtre.

Géo : Après le sujet hyper ciblé, ça ne m'étonnerait pas que ce soit un sujet plutôt mondial dans le style du sujet ulm (îles et insularités). A moins qu'un géographe ait ses bouquins en rab' et qu'il veuille faire vendre.

Histoire : Je n'ai pas d'idée précise, mais après ce sujet très peu académique sur l'hygiène etc, je redoute plutôt un thème beaucoup plus normal genre "l'ascension politique de la III° République" (je sais, ça ne veut rien dire. Mais ça me gaverait profondément d'étudier la III° République).

Philo : Il me semble avoir compris qu'un sujet bougeait par an, et à mon avis c'est le droit qui jarte. La politique est intéressante, sera désamorcée en avril prochain quand on passera les concours (là on avait quand même le 1° tour au milieu des épreuves, c'était moyen pour balancer un sujet corsé en politique) et n'est pas tombée. Pour l'autre notion, aucune idée. Mais c'est cool que ce soit pas l'Art ou la Science haha.

Spé litté orale : Avec la nouvelle épreuve de compa et le 1° couple Scarron/Diderot, ça ne m'étonnerait pas qu'on fasse de la litté francophone ou une oeuvre française vs une traduction d'oeuvre étrangère.
What about you ?

8 mai 2012

Une mondialisation "causée", "causante"

En ce mardi 8 mai, férié, je me suis rendue compte d'un truc : la prépa n'est pas finie ; j'ai encore du boulot. Moi qui squatte les cours d'hypo depuis bientôt deux semaines, j'ai du mal à réaliser que je suis dans cette période entre deux où j'ai encore une pointe de pied en khâgne et l'autre dans le flou de l'avenir. Dans ma tête, je prépare l'an prochain. Non d'ailleurs. En ce moment, dans ma tête, la seule chose que je prépare, c'est le permis. J'ai énormément de mal à lire alors que j'ai des piles de livres géniaux qui m'attendent, perchées sur mes étagères toutes neuves. Du coup je lis des trucs simples (Charly 9) ou je ne lis pas, ce qui m'énerve un peu dans la mesure où j'ai passé l'année à dire que dès que j'avais le temps, je sautais sur mes milliards de livres trop bien à ficher. Là, j'en suis dans l'incapacité physique. Si c'est le contrecoup du concours, il met du temps à se dissiper.

Bref. Aujourd'hui, le programme c'était m'écrouler devant The meaning of life avec un thé et glander jusqu'à plus soif (très logique comme expression). Finalement, je me retrouve avec mon thé (on déconne pas avec les jours fériés), La Mondialisation de Dolfus (beaucoup moins attrayant que les Monty Python) et mon ordi (présentement, je procrastine). Mon cerveau a décidé que ce serait commentaire de géo ce matin et commentaire de litté cet aprem. Mon corps en doute beaucoup plus largement. Finalement, ce post est plus un message d'auto motivation qu'une vraie info. "Allez Sarah BOUGE !" Moi j'y peux rien, je préfère les dissertes et les commentaires ça me gave. Alors un commentaire de géo, autant vous dire qu'après le Cône Sud ça me passe bien au dessus ! Le "problème", c'est que ce serait vraiment mieux que je réussisse ces explications, parce que j'envisage plus que sérieusement la khûbe et que je viens d'avoir le soutien de mon prof d'histoire ("Vous êtes une vraie khâgneuse mademoiselle, je donnerai mon accord pour votre troisième année"). Faut pas que les autres me saoulent, quoi. Je vais donc essayer de gérer ça.

Edit : Mon prof de spé litté m'a appelée pour me donner une explication de texte pour jeudi ("je voulais pas gâcher vos vacances en vous le donnant trop tôt") et je n'ai rien foutu. Je suis dans la merde et j'arrive pas à m'y mettre. Je préfère faire la disserte de ma pote de L2 de lettres modernes ou celle des hypokhâgnes de ma prépa. Grmbl.

6 mai 2012

Je suis venue, j'ai vu, j'ai votu

Je ne voulais pas parler politique ici. Et puis je me suis rappelée que j'ai appelé à la manif contre le renvoi de Guillon/Porte dans mes premiers posts en juin/juillet 2010. Donc en fait, c'est déjà plutôt crammé que je suis de gauche. Du coup, je culpabilise pas vraiment de vous dire que je suis hyper contente ce soir (et le magnum de champ' descendu à deux et demi n'aide qu'à moitié) (non, je ne tiens pas trop trop l'alcool quand je suis crevée et/ou [plutôt ET] euphorique).
A pleins de points de vue, je suis contente. Ne serait-ce que pour la fierté de pouvoir dire à la petite Sarah de 14 ans de 2007 :
"Ma vieille, c'est TOI (ok, ta génération, mais on va pas chipoter) qui a fait la différence aujourd'hui. Ouais, toi qui rêvais de voter Besancenot parce qu'un facteur-président c'était trop cool et qui a pleuré quand Sarko est monté sur son trône. Ma petite, tu peux être fière de ta future toi, parce que ce soir on a gagné. PS : Arrête de culpabiliser sur ton poids ; tu rendras des mecs complètement dingues d'ici peu. Signé : la Sarah-khâgneuse (tu t'y attendais pas hein ? Tu dois même pas savoir ce que ça veut dire du haut de ta 3°) de 2012."

Bien sûr, je sais. La crise, les 20% de Marine Le Pen, le bordel mondial. Ca va être dur, et pour la gauche c'est quitte ou double. 2017 peut être une sacrée menace et la droite se fera un plaisir de souligner chaque mini faux pas du nouveau gouvernement, of course. Je ne sais pas comment tout ça va se passer, mais j'ai envie d'y croire. Après tout, pourquoi pas ?

Ce soir, je suis contente. Les législatives et le reste, on verra plus tard. J'ai envie d'euphorie.

5 mai 2012

Tous les matins du monde

Le concours est passé, maintenant il en reste les souvenirs et le contrecoup; Je suis claquée, obstruée par mon permis (il est d'ailleurs 15h06, je viens de rater la dernière séance de code de la journée), encombrée par de la paperasse et du rangement que je remets au lendemain depuis des mois. Pourtant, je me sens bien. 
J'ai recommencé à squatter les cours d'hypo, et c'est vraiment vraiment chouette. Je discute, je me prend des claques de théorie ; j'allonge ma liste de lectures. Pour continuer dans le travail, j'ai aussi accepté de faire deux explications de textes, une sur La Mondialisation d'Alfred Dolfus et une sur La Recherche de l'Absolu. J'avoue que pour l'instant je n'ai même pas lu les extraits, mais c'est pour dans 10 jours, alors je le ferai sans doute la veille (on ne change pas une équipe qui gagne).
En attendant, je lis. Des fois des conneries (le code de la route, bientôt édité en Pléiade), et puis des fois moins (Le Démon de la théorie, Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes, Roman des origines et origines du roman). De la littérature (Pascal Quignard est mon nouvel ami), mais pas seulement (Nos ancêtres les Gaulois et autres fadaises, définitivement un livre à avoir lu. Amis futurs hypokhâgneux, c'est une lecture intelligente à faire l'été d'avant la prépa). L'important : je lis enfin. 
J'ai une impression de renouveau, comme si j'étais capable de déplacer des montagnes. Du coup je m'attaque à des bouquins de théorie que je voulais lire depuis longtemps. Ce qui me plairait en litté comme programme pour le prochain ENS, ce serait le roman. 
Tout commence à se concrétiser doucement : ma bourse est validée pour l'an prochain (400€/mois, ou LE moment où je suis heureuse d'avoir bouffé du riz pendant trois mois en terminale), je fais de moins en moins de fautes au code, mes connaissances se cristallisent. La campagne présidentielle s'achève, et franchement c'est pas trop tôt (ouais, c'est dur  de vivre avec des gens qui ne sont pas du même bord que moi). Bref, une nouvelle ère commence...
Image : Boulet