5 nov. 2010

Quitter une hypokhâgne, c'est entre une petite lâcheté et un immense courage.

J'ai changé. On est en novembre et j'ai déjà changé. J'ai toujours adoré l'anglais par exemple. J'ai toujours adoré lire dans la langue, regarder des films en VO etc. Actuellement, je me met à détester ça de toutes mon âme. Techniquement, je rends de la merde dans toutes les matières. Les fameuses tôles que j'attendais, je commence à les prendre parce que je maintiens mon choix de ne pas mourir sous la charge du travail et je continue à claironner que c'est le meilleur moyen de s'en sortir.
Vous qui (peut être) me lisez et qui êtes en terminales, qui envisagez cette filière de fous, ne sacralisez la l'hypokhâgne.
Mais en anglais, je suis en totale régression, jusqu'à regarder les films en VF (oui, j'ai honte parfois), je refuse de lire The Remains of the Day,  j'apprends plus mon vocabulaire. Je vomis l'anglais et ma moyenne a baissé de 10 points en quelques mois. Il y a la philo aussi. Je m'ennuie profondément, j'avance pas, j'accroche pas. Pourtant il y a à peine 5 mois, j'envisageais sans problème de faire une licence de philo. Pourtant j'aime Platon, Descartes et Kant. Mais je découvre chaque jour un peu plus combien je hais cette matière.
Je me fais doucement à la géo après avoir passé deux mois à me dire que j'étais nulle et que je ne comprenais rien, que je ne savais pas analyser un texte, usw; je me rends compte que je suis capable de rendre quelque chose de potable. J'aime l'histoire et la littérature. Même si je me sens terriblement stupide pendant ces cours et que j'ai envie de me fracasser la tête contre un mur à la fin des 3h du vendredi soir.
Cette semaine, ça va être la course contre le temps, la vie, le sommeil et évidement le travail. J'en ai pas envie.  En ce moment tout le monde parle de partir. Même le ouf qui en est à sa deuxième hypo, même la fille qui adore les mayas et même moi. Mais je vais rester, notamment parce que je ne sais pas où aller d'autre.  Qu'est ce que j'irai foutre en fac moi qui aime tout et ne suis meilleure en rien?
Des fois, quand je perds totalement le fil du cours, je regarde par la fenêtre et je pense à la fac. A la liberté, à la fête, au temps libre, aux livres qui pourrissent sur mes étagères et que je n'ouvrirai pas parce que demain, y a disserte.
Je ne sais pas ce que je veux, ni même ce que je ne veux pas. Mais je suis sûre de ne pas savoir, c'est déjà quelque chose.


3 commentaires:

  1. Ton article me rappelle ce que m'avait dit une khâgneuse la veille de ma rentrée en HK : en prépa on se rend compte de ce qu'on aime VRAIMENT.
    C'est ainsi que j'ai compris que l'exercice de dissertation en histoire n'était pas pour moi.
    Par contre la prépa a confirmé mon goût des sciences sociales.
    Mais j'adorais l'anglais en HK (depuis toujours en fait) et en khâgne : changement de prof, dégoût pour l'anglais, plus envie de faire l'effort.

    Alors peut-être qu'il y a un peu de ça pour toi. Je pense notamment à la philo, qui est une matière où la personnalité du professeur joue un rôle très important dans l'adhésion au cours ou non.
    Enfin reste courageuse, la prépa ne te mangera pas quelle que soit la quantité de boulot.
    Et entre un peu dans le jeu, accepte de faire tes devoirs, sans pour autant être perfectionniste. Entre dans le jeu et tu verras, on se surprend à y prendre goût. C'est normal de rejeter ce système au début... mais si on le quittait, il nous manquerait. (et moi d'ailleurs il faudrait que je m'y mette à mes devoirs !!)

    RépondreSupprimer
  2. Mais tu sais, j'ai pas l'air, je dis que je fous rien mais... En fait je bosse! Je ne refuse pas de rentrer dans le système, je refuse d'y laisser ma santé, nuance! J'ai jamais trouvé qu'en faisant des nuits blanches on était plus productif et que boire 15 quintaux de café par jour prouve qu'on est en prépa. C'est cette partie que je rejette. Mais même si j'ai un peu de mal avec l'anglais et la philo, je bosse quand même. Je refuse simplement de me mettre à stresser parce que "y a des dissertes à rendre aaah" sinon je tiendrai jamais. Je prends les choses (et donc les devoirs) comme ils viennent, c'est plus ce que je voulais dire. Je refuse de culpabiliser. C'est dans ce sens que je parle de ne pas mourir.

    RépondreSupprimer
  3. Couraaaaage ! Comment ça j'arrive avec plusieurs mois de retard ? '__' Good lu... oups! buena suerta pour le temps qu'il reste avant la fin de l'HK. ;-)

    RépondreSupprimer