11 oct. 2011

"Ah ! Et je vous rappelle que la date limite pour déposer les dossiers d'inscription en fac, c'est jeudi !"

Sur mon bureau, juste là, il y a un verre tout bête : il est là depuis un mois, mon ex l'a posé sur ce coin de bureau où je ne travaille pas. Un mois, le verre n'a pas bougé et à chaque fois que je le regarde, ça m'égratigne un poil le coeur. Et puis j'oublie. C'est en l'apercevant il y a quelques minutes, qu'une pensée m'a effleurée, une parmi tant d'autres qui bouillonnent dans mon cerveau toujours perdu entre deux dissertes : "Dis Sarah, qu'est-ce que ton cerveau oublie d'autre ?"
Je me pose des questions inutiles en ce moment, et particulièrement des question sans réponse. J'essaye vainement de comprendre ce qui s'opère en moi, et je me perds dans un océan de pensées qui peut-être ne sont pas les miennes. J'ai l'impression d'avoir tellement grandi en si peu de temps que je ne me reconnais plus ; c'est comme si j'étais en conversation avec une autre moi-même. Je nous visualise très bien d'ailleurs, toutes les deux en tailleur face à face. Ca me rappelle un peu le Petit Prince  de mon enfance : face à un nouvel être incompréhensible, et comme on ne voit bien qu'avec le coeur, il faudra bien que je m'apprivoise.
Au milieu de tout ça, je me sens un peu floue. Ni terne ni brillante, ni heureuse ni triste : neutre. Je ne sais pas si c'est bien ou mal, je crois que je n'ai même pas envie de le savoir. Je ne ressens pas le besoin de me jeter à corps perdu dans quoi que ce soit.
Parfois, je me dis simplement "il me manque", et très vite je réalise que c'est faux. Non. Je ne regrette pas et je ne suis pas certaine qu'être avec lui aujourd'hui m'aiderai plus que ça ; physiquement, émotionnellement, il n'y a finalement que d'un point de vue intellectuel qu'il me manque. Je voudrais revivre les conversations palpitantes de la fin de mon mois de juin.
Je me sens floue, mais pas vraiment incertaine ; je ne me laisse pas déborder par des vagues de sentiments, mais je n'ai pas l'impression d'avoir un coeur de pierre comme il y a quelques mois.Je construis quelque chose sans savoir ce que c'est, un peu comme les dessins en pointillés qu'on fait en primaire. J'attends que le dessin se dévoile et j'avance pas à pas. Qui sait ce qu'il se passera dans quelques années ?

Il n'y a plus de verre sur mon bureau.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire