Comment vous expliquer? Comment tenir un blog sur la prépa alors qu'avant même d'y rentrer je sais pas ce que je fous là. Je cherche à montrer ce que je suis maintenant, c'est à dire un exemple précis du monde de la prépa littéraire. Mais comment faire alors que je ne sais pas moi même qui je suis vraiment? Une simple actrice qui a pris son rôle beaucoup trop à coeur? Arrête Sarah! On est pas dans Lorenzaccio! Une jeune fille relativement intelligente (je suppose qu'il le faut un minimum pour être accepté en prépa... à discuter) à l'aube d'une vie nouvelle? Non. Pas vraiment. Ce serait trop simple. En plus les gens me surestiment beaucoup trop. Je suis pas la fille studieuse et gentille qu'ils ont connu, ou plutôt cru connaitre. Je suis à peine inscrite que je me vois déjà plus là bas. Pourtant au fond de moi je sais bien que ça va me plaire. Mais en fait, pour une des premières fois de ma vie, j'ai un réel problème de volonté. Voilà. Je vais pas bien, je me sens mal et j'ai absolument pas la volonté de m'en sortir. Finalement, à quoi bon? Je sais plus pourquoi j'avais tant envie d'entrer en hypo. Je sais bien que l'ENS, j'l'aurai pas (pitié, ne me dites pas "mais si, tu l'auras, blablabla". C'est pas du défaitisme. Il y a 4% de réussite au concours et je suis pas brillante. C'est juste du réalisme). Je sais plus qui je suis. Si je suis heureuse. Je ne pense plus vraiment être quelqu'un de bien. Finalement, j'ai fait du mal à quasiment toutes les personnes que j'ai croisé. Alors quelle est la solution? Se jeter à corps perdu dans les études? Perdre toute vie sociale? Essayer de se donner une consistance en lançant des appels désespérés aux gens qui m'entourent et qui restent bloqués dans leurs sommeil éveillé? Tout arrêter? Se jeter sous un bus? Je ne crois pas que n'importe laquelle de ses solutions soit durablement bonne (oui, voilà pourquoi j'arriverai jamais au bout d'une grosse connerie: je dois être un poil trop lucide). Je ne sais même plus comment être bien aux yeux des gens qui comptent. Parce que en fait c'est ça ma vie. Jouer le jeu des apparences pour que tout le monde soit content. J'ai joué la fille parfaite depuis mes 11 ans, je m'apprête à prendre le manteau de la martyre pour 2 ans. J'ai failli m'enfermer trop tôt dans celui de couple mature et posé. Quel sera le prochain? Jusqu'où je continuerai avant de me rendre compte qu'il faut que j'arrête de mentir au monde et surtout à moi même?
Je ne peux pas répondre. Je me sens submergée par trop de doute. Et surtout , je me sens impuissante. Comme si j'étais devant un mur invisible sans trouver la sortie, la faille. Je cherche des fausses consolation à défaut de La vraie. Un peu comme Stig. Mais lui s'est suicidé deux ans après avoir écrit "notre besoin de consolation est impossible à rassasier". Pas moi.
Je ne suis pas une Renée, ni même une Esther. Pas une Juliette non plus.
Non. J'ai pas perdu ma carte d'identité. J'ai perdu une part de moi. Et j'ai peur d'en égarer encore en chemin.
... Ni Esther, ni Renée, ni Juliette ?
RépondreSupprimerSois un peu Hamlet.
La prépa c'est fantastique... à condition de désapprendre au début. A condition d'accepter d'être perdu. A condition de (faire semblant de) se satisfaire d'une vie purement intellectuelle.
Vois la prépa comme une mûe. Et si Hamlet semble fou à ceux qui ne peuvent (veulent) pas l'entendre, il dit en fait bien des vérités.
Bon courage, et vois tout cela comme un jeu. Les profs ont les kiffe, mais on ne le dira jamais !
Merci :) Je vais essayer de faire ça. De toutes façons, le dépaysement, j'ai aussi signé pour ça. Cet article est un ras le bol par rapport à énormément de choses, je ne remets pas vraiment la prépa en question. J'ai envie d'y être. ^^
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