22 juil. 2012

On ne voit bien qu'avec le coeur ; l'essentiel est invisible pour les yeux

Ce matin, j'ai relu Le Petit Prince de Saint Exupéry. J'ai pleuré ; comme à chaque fois que je relis Le Petit Prince de Saint Exupéry. Alors bon. J'ai décidé de vous recopier un bout de la chronique que Beigbeder a écrit sur ce livre qui a bouleversé mon enfance.


"Le Petit Prince d'Antoine de Saint Exupéry (1900-1944) est le seul conte de fées du XXe siècle. Au XVIe, on a eu les contes de Perrault ; au XVIIIe, les contes de Grimm ; au XIXe, les contes d'Andersen. Au XXe siècle, on a Le Petit Prince (...) ; ce petit livre illustré est un phénomène d'édition qui se vent chaque année à des millions d'exemplaires dans le monde entier.

Pourquoi ? Parce que, sans le faire exprès, Antoine de Saint-Exupéry a crée des personnages immédiatement mythiques : ce petit prince tombé de sa planète B 612 qui réclame un dessin de mouton à un aviateur égaré dans le désert ; cet allumeur de réverbères qui dit tout le temps bonjour et bonsoir ; ce renard philosophe qui veut qu'on l'apprivoise... et qui fait comprendre au petit prince qu'il est "responsable de sa rose".

Ce conte aurait pu s'intituler A la recherche de l'enfance perdue. Saint-Exupéry y fait sans cesse référence aux "grandes personnes" sérieuses et raisonnables, parce que, en réalité, son livre ne s'adresse pas aux enfants mais à ceux qui croient qu'ils ont cessé d'en être. C'est un pamphlet contre l'âge adulte et les gens rationnels, rédigé avec une poésie tendre, une sagesse simple (Harry Potter, rentre chez ta mère !) et une feinte naïveté qui cache en réalité un humour décalé et une mélancolie bouleversante.
(...)
Quelques mois après sa publication, l'aristocrate insista pour partir en mission. On ne retrouva l'épave de son Lockheed P38 (...) qu'il y a  quelques mois. Quand on relit la fin du conte : "Soyez gentils, ne me laissez pas tellement triste : écrivez-moi vite qu'il est revenu...", on s'aperçoit que Le Petit Prince est un testament. On en a fait des lampes, des assiettes, des tonnes de produits dérivés, des tasses, des disques et même une grotesque comédie musicale.
Mais cela reste le testament d'un aviateur égaré dans le Sahara, et qui, bien qu' "endormi sur le sable à mille milles de toute terre habitée", jette une bouteille à la mer".

Bon dimanche

5 commentaires:

  1. Il me bouleverse aussi à chaque fois que je le relis.. Je le relis jamais en entier d'ailleurs, toujours des passages par-ci par-là mais jamais tout d'un coup ! ^^'

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    1. Ah, moi mon grand plaisir, c'est justement de le relire en entier chaque fois. J'ai l'impression de savourer chaque phrase et de toujours en tirer quelque chose de différent.
      Le livre qui m'a donné envie de lire, avec L'oeil du loup de Pennac.

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  2. "... et aucune grande personne ne comprendra jamais que ça a tellement d'importance". :'(

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  3. "Harry Potter rentre chez ta mère".. mais c'est de très mauvais goût !! ;)
    très beau livre, je me souviens du jour où j'ai conseillé à mon plus jeune frère de le lire, j'ai carrément eu l'impression de faire quelque chose de bien..

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