5 nov. 2012

« Tout le monde est un génie. Mais si vous jugez un poisson sur ses capacités à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide. » Einstein

On est lundi matin, j'ai ouvert mon traitement de texte. Et internet. Chateaubriand, Les Mémoires d'Outre-tombe, "Lucile". Ca me rappelle mon duel d'hypokhâgne sur le choc des égos : Stendhal contre Chateaubriand. Je regarde ce texte avec un peu de lassitude : j'ai encore trouvé une interprétation chouette à ce texte. Une interprétation peu classique, que ne comprendra pas ma prof de litté et qu'elle n'acceptera donc pas. Comme pour Voyage au bout de la nuit où elle a réfuté mon analyse sur la vision misanthrope du monde selon Bardamu qui n'était pourtant pas du tout tirée par les cheveux, et à peu près évidente (comment on peut lire le Voyage sans voir Bardamu comme misanthrope ?). Pour elle, il n'est que paranoïaque. Bref, j'arrête là la parenthèse d'incompréhension sur les compétences de ma prof de lettres, et je me reconcentre sur Chateaubriand. 
Mon texte est souligné, j'ai mis pleins de couleurs. En fait, mon cours de litté devient un cours de coloriage. J'ai brossé un plan maladroit-pas top, avec quelques idées cohérentes. C'est le premier commentaire de l'année que je ne sens pas trop ; les autres j'avais quand même sorti des analyses potables. Là c'est pas mal non plus, mais j'ai l'impression de louper quelque chose. Et j'arrive pas à m'y mettre vraiment. Pas envie de commencer, même pas envie de le finir. J'ai envie d'être tout de suite aux concours blancs, histoire de passer à autre chose. A partir de janvier, tout va très très très vite, et je n'ai qu'une envie : que cette année s'achève pour passer à autre chose. Le master, la fac, la vie. Cette année m'est utile, mais c'est l'année de trop ; l'averse qui fait déborder la Seine. 

Si on fait un point sur mon travail des vacances, c'est un peu pitoyable. J'ai deux autres commentaires à faire, dont je n'ai pas les références et que personne ne me donne, pas même les profs. Je me trouve coincée à ne pas pouvoir faire mon travail tout en sachant que ça ne va pas être une excuse valable à la rentrée. J'avais prévu de ficher mes cours de géo, de lire les articles, de faire des croquis et surtout d'apprendre mon cours d'histoire. Hahahahahahahahaha. J'ai rien fait. Je voulais aussi relire les Contes Cruels, mais je n'accroche plus. Je perds le goût de lire en ce moment, ça me fiche un coup. Le seul devoir qui me plait un peu, en fait, ce sont mes dissertes de littérature. Alors bien sûr, les sujets sont globalement chiants et tournent tous autour de la même chose (la langue) (Diable, ce que les sujets de disserte de mon prof de litté d'HK me manquent !), mais ça reste des dissertes, donc ça me plait. 

Ce que j'ai vraiment envie de faire, c'est me balader, lire n'importe quoi, faire du piano et du chant, et mettre de côté la prépa. J'aurais aimé pouvoir faire cette année à la carte, choisir mes cours et j'aurais sans doute été mieux préparée au concours que je ne le suis maintenant. J'ai envie d'autre chose, je me projette déjà dans le CAPES et l'AGREG'.

Tiens, et si je commençais ce commentaire par "De tout temps les hommes ont aimé la littérature" ? 

12 commentaires:

  1. Courage Sarah, "l'apres" va arriver très vite, tu regretteras même les neiges d'antan de la prepa.. Je suis actuellement en train de lutter avec un exercice de microéconomie, je vois un signe =, un Y,un carré.. Et j'y pige que dalle. Où sont les dissertations,les commentaires,le vocabulaire, les thèmes d'antan à faire..?
    Je me fais pitié :)
    Utilise le CAPES et l'agrég comme moteurs,comme motivation..

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    1. Regretter la prépa, ça me semble vraiment surréaliste, mais je te crois. Après tout, on idéalise toujours ! Berk, l'éco ça me donne pas envie une seconde, c'est pour ça que les écoles de commerce ça ne me tente pas (entre autres). En parlant de version, j'en ai une sur le feu, et ma traduction ne veut strictement rien dire hahaha. Moi aussi je me fais pitié ^^

      Ma motivation, c'est avant tout le master : deux ans tranquilles pour travailler un sujet qui me plait, glander, lire, sortir... Et ne PAS passer mes vacances à bosser/à penser au boulot que je n'ai toujours pas fait.

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  2. Non je crois qu'une fois à l'université tu comprendras POURQUOI on peut VRAIMENT regretter la prépa
    Mais bon c'est pas tout le temps non plus!!
    Courage, je te laisse il faut que j'aille en cours

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  3. Probablement parce que la réflexion est moindre et bien moins poussée. Et que les amphis de 400 deviennent rapidement lassant

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    1. C'est tout l'intérêt d'arriver en master : mon boulot ce sera essentiellement mes recherches personnelles, donc à priori peu de cours :) (Mais je te transmets tout le courage du monde par la pensée !)

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  4. J'ai bossé sur le texte de Chateaubriand où il décrit Lucile l'année dernière en cours de commentaire, mais j'ai pas mon cours à Lille et je rentre pas avant vendredi, c'est con...

    Je comprends que tu satures et que tu vives cette année comme l'"année de trop". En plus c'est l'automne, il fait noir quand on part en cours et noir quand on en revient, il fait 5°, il pleut, t'as plein de boulot. Mais tu apprends plein de choses dans plein de domaines, tu n'es pas cantonnée à la littérature (et même si ça peut être super cool de ne faire que des lettres modernes, très franchement moi ça me pèse un peu-beaucoup...), tu sauras ficher un bouquin et travailler consciencieusement pour les concours de l'enseignement. Et même si t'auras du retard pour des matières genre l'ancien français, ça se rattrape. (Pendant que j'y pense, t'as vu que les rapports dejury de l'ENS ont commencé à sortir?)

    Peut-être que tu ne regretteras pas autant que d'autres la prépa, parce que justement tu as fait cette 3ème année, que tu y mets toutes tes forces, que tu te donnes les moyens de réussir, et surtout parce que tu débarqueras à la fac en master, que tu plongeras d'emblée dans les concours, et que du coup ça sera vraiment une suite adéquate.

    Moi je la regrette vraiment, j'ai commencé à douter en été, et depuis la rentrée un sentiment grandit en moi, et ce sentiment c'est le j'aurais-dû-khûber, c'est magique, c'est maladif. Cette nuit j'ai quand même rêvé que j'achetais Kourouma et Marivaux, quoi. Au bout des deux ans j'étais contente de me reposer, à chaque fois qu'un prof me disait que j'aurais pu khûber, que j'en étais capable et qu'à condition de le préparer sérieusement j'aurais pu être sous-a à l'ENS, je les ai pas écoutés et quand j'ai eu les résultats je me suis dit que je tournais la page et que j'avais raison de pas y avoir cru. Bah là, la géo me manque, ma classe me manque, l'ambiance me manque, les profs (tant eux que leur façon d'enseigner et plein de leurs particularités) me manquent, j'ai de nouveau envie de bosser des commentaires et même des disserts, et puis la lecture des rapports de jury m'a fait vraiment prendre conscience que voilà, c'était fini, que toute ma vie j'aurais 8 de moyenne générale sans plus pouvoir rien y changer, qu'il faut que j'arrête de penser prépa, de travailler comme en prépa, qu'il faut que je m'adapte parce que c'est trop tard, et du coup, pour tout ça, je regrette. Avoir 12 cours différents par semaine, être dans un lieu mal organisé par excellence, faire des commentaires stylistiques et plus littéraires, ça, ça peut te faire regretter! ^^

    Bref, essaie de te reposer et de profiter de ta semaine de vacances restante ,quand même, mais ne pense pas trop à la fac (même si en khâgne on envie toujours à un moment les étudiants de fac), vis ton truc, et tu pourras être fière de toi quand ça aura payé :) Et puis si tu n'es toujours pas motivée: cette semaine, j'ai un DM d'analyse de sujet à rendre, une version sur table de latin (le niveau de mon groupe est pire qu'en prépa, c'est un carnage, je suis nulle en fait), une interro d'histoire de la langue, et une autre de syntaxe (à chaque fois, c'est 2h). Alors, tu vois que t'es contente d'être en prépa: tu as une deuxième semaine de vacances xD

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    1. Ca n'a aucune importance, il faut juste que je rédige et que je passe à autre chose. Je vais m'en sortir, je suis juste un peu à plat.

      En fait, c'est la littérature qui me fait péter un cable, pour le reste tu as raison : j'aime bien les programmes de cette année, et même si c'est difficile, je suis contente d'apprendre des choses. Je n'ai pas trouvé les rapports de jury, faut que tu me files le lien !

      En fait, j'ai d'abord envie de faire un master de recherche et ensuite de passer l'agreg' et si possible faire une thèse (j'ai vraiment envie d'être thésarde). Mais tu as raison, j'aurais toujours la rigueur, toussa, là.

      Khûber c'est chiand et chaud, ne regrette pas ! Souviens toi comme tu en avais marre en mai dernier ! C'est normal que l'adaptation prenne un peu de temps, non ? Courage :)

      J'espère que ça payera. Oui, j'ai deux semaines de vacances, mais deux semaines avec pleiiin de boulot dedans, donc comme toujours depuis trois ans, je n'ai pas de VRAIES vacances où je me repose.

      J'aime bien quand tu m'écris des longs messages comme ça, c'est vraiment chouette pour le moral :)

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    2. Tu as khûbé parce que tu trouvais les programmes chouettes et même dans les mauvais moments tu as toujours trouvé des raisons qui font que la prépa, c'est bien. Même si c'est dur, c'est une période de passage à vide comme tout élève en prépa en vit à un moment à un autre. Ca va finir à un moment donné (enfin 'fini, ça va finir, ça va peut-être finir' quoi ^^), c'est un cycle...

      Du coup, pour la littérature, même si ça va durer encore un bout de temps, il faut essayer de faire fi de l'incompétence de ta prof, même si je comprends toutafait que ce soit décourageant de bosser un texte alors que la prof va réfuter l'analyse que tu vas en faire. Essaie un maximum de focaliser sur ce que tu aimes (la littérature), autant que tu peux, sinon ça va être l'enfer, tu vas ruminer, te mettre à détester ça et ça n'en vaut pas la peine :)

      Je sais pas comment ça se passe la coopération préparation d'agrég-master recherche, mais je sais qu'une ancienne khûbe d'Arras est à la Sorbonne et fait ce parcours (mais en histoire). Ca a l'air faisable, même si c'est pas vraiment le parcours classique. Pourquoi tu tiens tant à faire une thèse? (Si c'est pas indiscret, c'est purement une question de curiosité)

      Oui, je me souviens combien j'étais fatiguée, lassée et combien j'en avais marre. Mais je sais aussi que une fois que j'ai été reposée, j'ai douté, que je me suis toujours donné plein d'excuses pour surtout ne pas khûber, ne pas affronter la question. Je savais que je voulais faire un master FLE, que du coup il fallait que je suive l'option en L3 (mais je suppose qu'on peut rattraper les cours, il y a toujours des moyens de contourner les problèmes d'administration, il y a une M1 en cours avec moi...), j'ai posé mon préavis, j'avais tout préparé pour arriver là, et puis quand j'y ai vraiment réfléchi, j'ai pris conscience que les programmes pouvaient être vraiment bien avec un minimum de motivation, que si j'avais été à l'internat en deuxième année je l'aurais certainement vécue différemment,et que j'avais pas si envie que ça de quitter la prépa, finalement, et surtout que j'avais pas bouclé la boucle. Je regrette parce que c'est irrévocable, que je pourrai jamais plus faire cette année, et que à l'inverse, quand on est en prépa, avec les équivalences, on peut partir, donc c'est un peu un mauvais choix que j'ai fait et que j'ai plus qu'à assumer.

      (Heureusement que tu aimes les commentaires longs parce qu'il faut que je scinde le mien parce qu'il l'est trop ><)

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    3. C'est normal que l'adaptation prenne du temps, mais un mois et demi, c'est un peu beaucoup... C'est vraiment une année bizarre, entre deux ans de polyvalence à dominante en lettres et deux autres années de FLE. Je pense que j'aime autant le système de la prépa, au fond, malgré ses incohérences et ses lourdeurs, que j'aimerai le master que je projette de faire depuis que je suis au lycée. Mais la licence de lettres modernes n'est pas faite pour moi. J'aime la littérature, j'aime les commentaires, mais j'ai besoin d'autres matières pour ne pas avoir l'impression d'être enfermée dedans.

      Il n'y a pas de raison que ça ne paie pas ^^ (je pense qu'on peut contester ce pseudo-argument, mais bon, si t'y vas perdante ça marcheras pas, alors se dire que ça ira!). Les rapports de jury sont lisibles à ce lien: http://www.ens-lyon.eu/admissions/concours-d-entree-session-2012-165765.kjsp?RH=CONC_ARCH . (Je trouve celui de philo assez drôle dans la façon dont c'est écrit, et j'ai eu du mal à comprendre celui de français, je comprends pourquoi j'ai eu 6 quoi). Oui c'était une blague le 'tu es contente d'avoir des vacances', histoire de te redonner le sourire, bon bah c'est loupé x)

      (Et je suis aussi soulagée que tu aimes les longs messages parce que ça me culpabilise d'écrire beaucoup, je me dis toujours que je parle trop de moi et que c'est un peu mégalomane quand même...)

      Bon courage en tout cas, profite un peu des derniers jours de vacances quand même et garde courage (et la foi) (en Genette, Barthes, tout ça, la prépa est un peu une religion polythéiste en fait, avec ses dieux, ses rituels... et ses crises de foi). =)

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  5. Franchement, bienvenu au club de "La khûbe : l'année de trop" + "Je n'ai absolument pas exploité cette première de vacances". En même temps, c'est pénible que nous soyons toujours forcées à bosser. L'habitude est tellement ancrée depuis le temps, que ça me blase...Mais je n'en fait pas plus.
    Ne te bile pas pour ta prof de litté, elle semble incapable reconnaître la valeur de tes travaux. Garde confiance avec Chateaubriand! :)
    Finalement, on n'a que quelques mois à tirer, c'est dérisoire! Et après, la liberté.
    La vraie cette fois.
    Plein de courage pour cette semaine :)!

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    1. Elle est bizarre cette année, non ? J'ai l'impression que c'est une sorte "d'année malus" (=/= "année bonus" : c'est en plus, mais c'est horrible).

      Six mois. Dit comme ça ça parait peu, ça fait comme si on avait déjà passé la moitié de l'année. Ca va être bien, la liberté.

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