19 janv. 2011

Ca ira mieux demain.

Je regarde le plafond.
 Chaque bruit résonne dans mon cerveau, traçant un profond sillon de douleur. Et pourtant je réfléchis, mais ma tête ne me semble plus être le centre de mes réflexions mais plutôt le simple réceptacle d'une pensée vagabonde. Ce n'est pas moi qui réfléchi, c'est la réflexion qui me traverse. Je voudrais bouger, profiter de ces trois jours que je suis obligée de passer au lit pour lire, travailler, m'avancer. Mais à peine cette pensée esquissée, je retombe dans un sommeil profond. Je me débat avec mes pensée contre quelque chose de plus fort que moi. Je me cantonne dans une inutilité à laquelle je ne peux échapper. Je ne peux que rester là, à scruter ce plafond que je connais déjà par coeur. Est-ce que je le regarde encore d'ailleurs? Il n'est là que pour mettre quelque chose devant mes yeux; ces yeux si lourds qui n'en peuvent plus de se fermer sans cesse. Mon esprit cherche à se raccrocher à quelque chose, se concentrer, réussir à vaincre cette maladie qui l'écrase. Mais bientôt la bataille sera perdue et la lourdeur du corps l'emportera sur le combat de l'esprit. Je repartirai dans ce sommeil écrasant qui fait perdre toute notion du temps. Et au réveil, ce sera pire. Mon esprit embrumé voguera dans ce monde où pour quelques jours, je dors même les yeux ouverts. Si au moins je rêvais de Combray ou de Combourg, de Saint Malo ou de Montreuil. Mais ce sommeil trop lourd ne laisse pas l'ombre d'un songe; et au réveil, une seule chose apparaît: la défaite d'une nouvelle bataille. Je me suis de nouveau endormie. Même consciente, même réveillée, j'ai l'impression d'être sous somnifère. La lutte pour rester éveillée recommence.
Et je regarde le plafond.

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