22 janv. 2011

A chacun sa madeleine.

Ce soir, j'écoutais tranquillement Le poinçonneur des Lilas de Gainsbourg, quand un souvenir m'est revenu (je lis pas Proust pour rien quoi).
Quand j'étais petite fille, on allait en Bretagne chez mes grands parents. Ca faisait 4h de voyage, à 5 dans une voiture, plus tous les bagages de l'été. Autant dire une éternité pour une enfant de sept ou huit ans! On écoutait la radio pour passer le temps (et pour m'obliger à me taire, parce que comme je m'ennuyais, je chantais.) Cette chanson est passée et elle a été un grand mystère pour moi. Je trouvais la répétition drôle: des p'tits trous, des p'tits trous, encore des p'tits trous! Des p'tits trous, des p'tits trous toujours des p'tits trous!
Mais je ne comprenais pas. Voilà, ce qui a resurgi de cette chanson quand je l'ai réécoutée près de dix ans après  ce souvenir, c'est cette incompréhension. Aussi une image de trous de golf, parce que mes grands parents faisant du golf, c'était une de mes hypothèses: les trous étaient ceux du green. Mais bon, pourquoi autant de trous? Mon âme d'enfant s'est questionnée pendant tout le reste du trajet vers Saint Malo sur cette chanson. J'ai posé ma tête contre la vitre de la voiture, j'ai regardé le ciel, et j'ai imaginé. Sur le Grand Bé, quelques heures plus tard, je réfléchissais toujours. C'est drôle comme les grands hommes des siècles se cotoient sans même y penser, juste par l'intermédiaire d'une petite fille qui passait par là, en ce début de juillet et qui songeait à Gainsbourg sur la tombe de Chateaubriand.
 Maintenant je suis adulte et je comprends Gainsbourg. Et j'aurai pu réécouter cette chanson mille fois sans que ce souvenir me revienne. Il aura fallu que je ressorte mon MP3 de ma pile de livres en cours, un soir où par mégarde j'avais manqué mon cycle de sommeil. 
Bonne nuit.

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