26 janv. 2011

"engagez vous, engagez vous qu'y disaient!"

Je rentre juste de la réunion d'information pour les hypokhâgne. Je témoignais en tant que survivante des 6 premiers mois. Il y a un an, j'étais dans la salle, de l'autre côté de la barrière. Séparée par le bac et l'estrade de la foule de lycéens boutonneux et de parents inquiets. C'était très drôle d'entendre le laïus des profs sur leurs matières quand on connait la manière dont ils font leurs cours. On reconnait à des petites manies à quel point cette réunion avec "toujours les mêmes questions, les mêmes réponse" (je vous renvoie à vos programmes de littératures chers terminales) semblait les ennuyer profondément.  Nous étions trois à tenir ce rôle du témoignage. C'était un peu revenir à une autre vie, ancienne, un peu boueuse. Se frotter à ce que nous avions pu être. Pour moi ça a plus été une prise de conscience: les élèves formulaient mal leurs questions, les parents cherchaient à contredire les profs (quels abrutis! On ne contredit pas mes prof d'hypo! C'est méconnaître leur science!). Et nous, à côté de nos professeurs, preuves vivantes que c'est possible, que cette formation de fous est vivable, nous étions bien. Je parle au nom de mes camarades, mais c'est ce qui a eu l'air de ressortir en tous cas. C'était comme un relan d'intelligence, comme si je comprenais enfin la différence entre ici et là bas. Une fille a demandé "est-ce que vous vous épanouissez en hypokhâgne?"
Oui. C'est clairement la réponse qui est sortie. Evidemment c'est dur. Evidemment il y a du travail, des recherches, de la lecture. Mais jamais je n'ai eu de cours aussi passionnants que ceux que j'ai maintenant. Jamais je n'ai autant progressé et aimé aller en cours.
J'ai beau ne pas aimer l'allemand ou la philo, je ne me suis pas levée un seul matin en me disant "j'y vais pas, j'ai pas envie". Il a des jours plus difficiles que d'autres, il y a des nuits plus longues que d'autres. Mais je ne regrette pas. Même pour les notes, même pour l'épuisement.
L'hypokhâgne, c'est à faire. Vraiment, vraiment, vraiment.

Et j'ai même envie de faire khâgne, c'est vous dire! :)

7 commentaires:

  1. hey ! toi aussi tu as eu ce fameux tournant.
    Bonne nouvelle : ça ne fait que commencer.
    Enjoy :)

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  2. Je te signale que ton dernier article dit que la khâgne c'est trop méga dur!!!! :s
    J'ai peu mais je ne me vois pas quitter ce monde ci tôt...

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  3. il faut recontextualiser : je suis à moins de trois mois des concours, et putain de merde je veux les réussir. Mais je passe par une phase de doute en ce moment.
    A part ça je suis contente de me lever le matin, je sais que je vais apprendre-apprendre-apprendre. La khâgne c'est cool =)
    Je profite avec une sorte de pré-nostalgie de mes derniers instants de ma vie en khâgne. J'ai une hâte paradoxalement non pressée d'en finir.
    Je ne peux que t'encourager à rester, just for fun.

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  4. Ouf... me voilà rassurée!
    Continue ma belle, t'es la meilleure!
    Caro

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  5. ABSOLUMENT PAS ma Caro. Mais genre du tout du tout. Je me sens très stupide.

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  6. Envie de faire une Khâgne ?
    Normal, la Khâgne c'est la vie.
    En plus, suprême luxe : après avoir témoigné auprès des maternels, heu, lycéens, de l'hypo, tu... conseilles les hypokhâgneux d'un air calme, savant, docte et mesuré, sans leur dire que quand t'étais à leur place, 6 mois auparavant, t'étais totalement paniquée et... enfin bon.
    Il est chouette ce fameux tournant. Se dire "oui, j'en bave en prépa, mais, eh, regarde derrière mon épaule, j'ai évolué, non ?".
    :)

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  7. «Ah les vieilles questions, les vieilles réponses, il n'y a que ça!» ^.^
    Je suis allée aux portes ouvertes du Lycée du Parc... les questions étaient assez plates, seule une est sortie du lot (j'ai failli marquer «de l'eau» '_' nope, Lyon n'a pas subi le même sort que l'Atlandide =p) c'était «Est-ce qu'on peut avoir nos chances si on a 9 de moyenne en philo ?». J'ai parlé avec des hypokhâgneuses et elles ont aussi dit qu'elles aimaient ça malgré la dose de travail ; pourtant j'ai psychoté pendant trois semaines en me disant que ce n'était pas pour moi... puis là, maintenant, je ne me vois pas faire autre chose que ça (dixit la fille qui pleurera pour partir dans même pas cinq mois =P).

    C'est bien que tu t'y plaises, ton Dieu avait raison : tu es vraiment une littéraire. ^o^

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