23 janv. 2012

"Ce bateau, gréé de mains d'enfant, épuise la bobine du sort" Breton



Rien de mieux pour vous dégouter de la littérature 
qu'un prof de français


Chaque cours de litté apporte un nouveau DM, une nouvelle khôlle ou explication de texte. Et à chaque cours de littérature, je me sens plus dégoutée et fatiguée. Ce matin, on a commencé l'oeuvre et le lecteur en tronc commun ; je me suis dit "chouette ! Ca va être intéressant !" et non. Un plan à tiroir, une prof qui récite un bouquin. Ca me semble tellement incongru de devoir rappeler à ma prof de lettres que la dissertation est faite pour réfléchir et pas pour copier/coller des références déjà exploitées par Jauss ou Barthes ! Le bachotage, c'était au lycée, on devrait avoir dépassé ce stade et être capables de faire nos propres analyses.

 Le pire, c'était la spé. J'ai déjà souligné que l'exercice de commentaire me semble de plus en plus abstrait. Ce matin, l'analyse était celle d'André Breton, L'Amour fou. Il était magnifique. Et il a été détruit par l'analyse. Le commentaire de poésie me semble plus absurde encore que pour d'autres textes : pourquoi vouloir donner un sens à certains poèmes qui n'en ont pas, et qui sont écrit pour évoquer et faire ressentir ? La prose poétique de Breton était de ceux là. Un bijoux d'évocation rendu ridicule par un plan en trois parties. Et une fois de plus, je ne vais pas m'amuser à dire à ma prof que ça n'a pas de sens. Alors j'essaye de me souvenir de la joie incommensurable du cours de prof d'hypo, il y a pourtant moins d'une semaine. Je me souviens de ses mots : "Rien de mieux pour vous dégouter de la littérature qu'un prof de français".
Comment, à seulement quelques mètres d'intervalle, peut il y avoir des enseignements si différents ? Je n'ai qu'une envie : courir à l'autre bout du couloir, entrer en irruption dans la salle d'HK et d'écouter le cours passionnant d'un homme dans son temps. Aimer ce que je fais me manque. 

Pourquoi la seule classe vraiment intéressante est-elle la seule qu'on ne puisse pas redoubler ? 

2 commentaires:

  1. Aww... Dur de perdre le goût des matières que l'on pensait vraiment aimer. Je traverse un peu la même chose en ce moment. Et je peux comprendre dans une moindre mesure le dépit que tu ressens face à l'analyse de poèmes... Déjà qu'analyser le moindre passage d'une pièce de théâtre me parait parfois totalement abscon, alors la poésie on en parle même pas, tellement je partage ton avis ! Courage courage.
    D'ailleurs au concours de l'ENS ce sera un commentaire ou une dissert'?

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    1. C'est plus un enseignement qu'une matière que je réprouve... Si on m'enseignait pas la litté comme une brêle, en récitant des bouquins ou à coup d'analyses toutes faites, ça irait.
      Pour l'ENS, c'est disserte de 6h en tronc commun (le lecteur, la poésie, la valeur) et commentaire de 5h en spé.

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