13 janv. 2012

Le temps des bilans.

C'est un mauvais titre : à la mi-janvier, il est trop tard pour les bonnes résolutions et onze mois trop tôt pour les prochaines. Mais j'ai envie, peut être même besoin de faire un bilan.

2012, j'ai pris le pli. Je passe mes jours, mes nuits à bosser. Mais je ne peux pas m'empêcher de trouver mes profs de moins en moins compétents, les cours de plus en plus chiant ; ma khâgne devient inutile.
Je m'en suis un peu voulue de ne pas avoir pensé à aller au cours de mon prof d'hypokhâgne adoré, hier, au lieu de rentrer faire un commentaire stupide qu'il faudra recommencer de toute façon. Je me sens épuisée. Quoi que je fasse, mes notes sont mauvaises et ça me tue de me dire que "oh ! 7,5 c'est pas si mal !" Alors qu'en fait si. Avant j'étais intelligente.
Mes profs sont accablants : ma prof de litté, incompétente en tronc commun, intransigeante en spé. Je veux bien admettre que nos écritures ou nos paroles soient maladroites, mais quand la prof elle-même parle et écrit n'importe comment, c'est énervant. Mon prof d'histoire, qui nous bombarde parce qu'on fait des fautes d'orthographe alors que ses corrigés en sont truffés, ou encore qui s'attend à ce qu'on donne l'équivalent de deux thèses de connaissances, "mais n'excédez pas 10 pages". Le summum est atteint par mon prof de philo, qui commence à avoir de sérieux problèmes physiques et mentaux (il faut le reprendre en cours, il n'arrive plus à fermer une fenêtre). Ma prof de géo est bien. Mais c'est de la géo.

En ce début de mois de janvier, je n'ai jamais autant regretté mon hypokhâgne, où, rien que pour les cours de litté et de culture antique, ça valait le coup d'être là. Même si y avait allemand ou latin. La prof de litté est en train de me dégoutter de cette matière dont j'aimerai pourtant faire ma vie. Je trouve l'exercice du commentaire dénaturant. Autant la dissertation est une ouverture d'esprit (quand elle n'est pas un copié-collé de cours bêtement ânonnés) autant le commentaire me semble stérile. C'est intéressant. Parfois. Mais ça me semble surtout être de l'auto complaisance : "regardez ce que je suis capable de faire avec quelques isotopies alors que vous lisez bêtement Madame Bovary sans en saisir le sens caché !". Je déteste ça ; je ne sais pas comment y échapper. Il y a quelque chose qui me gêne dans ces études, quelque chose que je ne ressentais pas l'an dernier.

Et puis il y a les gens. En sortant du lycée, je pensais tomber nez à nez avec des adultes. Je me suis très lourdement trompée. Même en voyant les normaliens, on a l'impression de se retrouver face à des ados tout fraichement bacheliers. C'est peut être le fait de passer du lycée à la prépa à l'ENS sans jamais changer d'ambiance. Je ne sais pas. Je pensais qu'en prépa, il y avait moins de cons qu'ailleurs, parce qu'on s'était tous battu pour être là, qu'on avait tous une passion dévorante pour la culture... Et je me retrouve entourés de fils à papa qui sont là pour faire beau sur le CV et qui trichent aux DST. Où ceux (celles) qui ont 4 de moyenne et sont persuadées d'avoir les IEP sans problème. Et, puis au milieux de ces cons, il y a parfois une ou deux perles. Cette année, j'en ai trouvé au moins deux. Des personnes vraies.

Je vais essayer de finir sur cette note rassurante, qui peut éventuellement redonner un peu la foi en l'âme humaine. Et je vais me promettre de ne plus regarder Les bien aimés parce que ça me fait complètement bader.

4 commentaires:

  1. Ca me fait de la peine de lire cela (oui, c'est un peu étrange d'utiliser un tel terme)...Disons que ça me fait de la peine pour toi; je trouve tellement dommage que ta khâgne se passe dans ces conditions, qui effectivement ont l'air peu réjouissantes (rien de pire que des profs incompétents et qui se permettent d'en attendre énormément de leurs étudiants). La classe joue également beaucoup sur la vision qu'on a de la khâgne, et je sais que moi non plus je ne pourrais pas vraiment supporter tout cela si j'avais quotidiennement à mes côtés une majorités de crétins "fils à papa" qui sont pour faire genre. Je comprends ce que tu veux dire, et ça me révolte qu'il puisse il y avoir ce genre de personne en prépa.

    Ne laisse surtout pas ta prof de litté t'ôter le goût pour cette matière (même si c'est difficile de faire abstraction), car dans quelques mois tu en auras terminé avec elle, et tu pourras te lancer dans quelque chose qui te plaît et te soulève réellement.

    Courage =)

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  2. C'est pourtant ce qui se passe chez moi. Ca me dégoute de voir à quel point l'hypokhâgne me plaisait par rapport à combien je suis déçue par ma khâgne. Je n'ai qu'une envie : passer ces fichus concours et revenir à la vie.
    Mais comment je fais pour lutter contre le dégout ? J'ai 11h de litté par semaine ! Même dans cette matière je n'arrive plus à avancer.

    Merci :)

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  3. Je suis d'accord avec Justine, il ne faut pas que tu te laisses avoir par un prof. Justement, il faut que tu arrives à retourner la chose en faisant de la litté à côté (easy, isn't it ?) pour te faire voir combien tu aimes la chose. Ton dernier article sur ton samedi avec ton amie le prouve bien, tu as pris du plaisir à lire. (: (quoique je puisse comprendre avec 11h de litté. par semaine...)

    Et je partage ton avis. J'en ai parlé pas plus tard qu'hier de la composition des classes. Avec un ami on pensait trouver des gens un peu à notre niveau (c'pas de la prétention, hein !) dans l'idée d'avide de culture, d'absence de superficialité etc etc. On s'est même demandé comment les gens pouvaient être rentré en prépa... Parfois on se pose des questions. Mais bon... on fait avec. Qui plus est, plus de la moitié des gens dans notre classe veulent passer les concours IEP je trouve cela ÉNORME, beaucoup trop même.

    Et je voulais te signaler que j'ai beaucoup la nouvelle police des titres. (:

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    1. Je sais, je sais. Mais c'est dur de reprendre le dessus quand tu n'as pas vraiment le temps d'ouvrir un bouquin à côté. J'ai pas vraiment de temps pour 'à côté'... Mais oui, faut que j'en trouve. Là, c'est plus possible. Prendre du plaisir à lire étudier la littérature n'est malheureusement pas pareil.
      Ouaip, y a sans doute des gens qui ne devraient pas être là. La personne dont je parle pour les IEP a en l'occurrence 3-4 de moyenne et n'envisage même pas une porte de sortie. Je trouve ça difficile à comprendre, sachant qu'il faut être minimum souza pour être admissibles aux IEP où il y moins de places qu'à l'ENS !

      Merci pour les polices :)

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